07/10/2026

Le Regard

De l’information fouillée et vérifiée

Rapport: la C64 dresse un lourd bilan de la répression de sa marche du 15 septembre

La Coalition Article 64 -C64- hausse le ton. Dans un rapport rendu public le 5 octobre, cette plateforme de l’opposition affirme avoir documenté des arrestations, des violences, des blessés et la mort de Manassé Lomboto Bomengola lors de la marche du 15 septembre à Kinshasa et dans plusieurs villes de la République démocratique du Congo. Elle réclame des enquêtes judiciaires indépendantes et des poursuites contre les responsables présumés.

Selon ce rapport, la manifestation organisée le 15 septembre avait notamment pour objectif de dénoncer tout projet de modification de la Constitution, le référendum et les risques de balkanisation du pays.

La C64 affirme avoir préalablement informé les autorités de son initiative et invoque la liberté de manifestation garantie par l’article 26 de la Constitution du pays.

À Kinshasa, la Coalition fait état d’affrontements et d’attaques contre plusieurs responsables et militants de l’opposition. Elle rapporte notamment que des personnes auraient été agressées à l’aide de machettes, de pierres et de barres de fer.

Un garde du corps de Martin Fayulu aurait été blessé à la machette et aurait reçu 24 points de suture, tandis que Colette Botela aurait également été sérieusement touchée.

Le cas de Manassé Lomboto Bomengola constitue le point le plus grave de ce  rapport. La C64 affirme que ce militant de l’ADDCongo a été violemment agressé alors qu’il tentait de protéger Prince Epenge et Me Diyoko.

Transporté dans plusieurs structures médicales, il aurait finalement été admis dans un état comateux à l’Hôpital Olympic, où il est décédé dans la soirée du 15 septembre.

Le rapport met en cause, sur la base de témoignages recueillis par la Coalition, des éléments appartenant à la «Force du Progrès».

Sur le volet des arrestations, la C64 avance notamment le chiffre de 110 arrestations qualifiées d’arbitraires au sein d’Ensemble pour la République, ainsi que 23 personnes blessées et une personne portée disparue.

D’autres formations politiques membres de la coalition font également état d’arrestations, de violences et de dommages matériels dans plusieurs villes, notamment à Kinshasa, Kisangani, Kindu, Kikwit, Kalemie, Matadi et Masi-Manimba.

Face à ce qu’elle considère comme une répression de ses activités politiques, la C64 demande l’ouverture d’enquêtes judiciaires indépendantes, l’identification des auteurs présumés et, le cas échéant, de toute personne ayant organisé, ordonné, facilité ou couvert les violences dénoncées.

Elle réclame également le démantèlement de la «Force du Progrès» et annonce être disposée à transmettre aux enquêteurs des témoignages, documents, certificats médicaux ainsi que des éléments audiovisuels.

La coalition réaffirme enfin son opposition à toute modification constitutionnelle destinée, selon elle, à permettre un troisième mandat présidentiel.

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Elle dit maintenir son engagement en faveur des libertés publiques, de l’intégrité physique des citoyens et du respect de l’ordre constitutionnel. Le rapport s’inscrit dans le prolongement de la plainte collective annoncée par la C64 auprès de l’Auditeur général près la Haute Cour militaire.

René Kanzuku