20/05/2024

Le Regard

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CAMI: le DG Popol Mabolia prêche le secteur minier aux étudiants de l’UPC

Le Cadastre minier -CAMI- a deux missions. Notamment technique et scientifique. Dans le cadre de sa mission scientifique, son Directeur Général, Popol Mabolia Yenga a été l’intervenant principal d’une conférence organisée par la structure estudiantine “Agora Juridique” vendredi 19 avril 2024 à l’Université protestante du Congo -UPC- sous le thème: “Le secteur minier de la République démocratique du Congo: enjeux et perspectives”.

Dans son intervention devant les étudiants en droit, pour la plupart, le patron de CAMI a premièrement brossé l’aperçu du secteur minier, avant d’appeler ces jeunes à se préparer, en tant que génération future, à reprendre le contrôle de l’exploitation minière industrielle qui est actuellement presque par terre, afin de relever le défi du développement de leur pays.

Pour lui, “nous sommes une génération qui passe. Et celle-ci doit apprendre ce que c’est le secteur minier, ce que c’est le code minier. Nous sommes venus ici dans le cadre de notre mission scientifique, pour que ces enfants grandissent avec une meilleure idée du secteur minier. Nous allons financer les meilleurs sujets de leurs travaux de fin d’études ayant trait aux problèmes que nous rencontrons dans ce secteur, peut-être qu’ils ont des solutions”.

“Le Cadastre minier que je dirige a pour mission principale de gérer le domaine minier. Donc, nous sommes la porte d’entrée du secteur minier. Le secteur minier congolais date de l’époque coloniale, soit depuis 100 ans. Nous faisons de l’exploitation minière. Cela a enrichi l’Europe au détriment de l’Afrique.
Ça prenait à peu près 5 ans pour déplacer 50.000 tonnes de cuivre. Mais aujourd’hui, avec la révolution de la technologie, cela prend une ou deux semaines. Ce qui fait que l’exploitation minière va s’épuiser.
On a eu l’époque post-coloniale, et puis il y a eu des tentatives de la part du gouvernement et des anciens présidents de contrôler la gestion minière”, a-t-il relaté aux étudiants.

Et de poursuivre : “Il y a eu le président Mobutu qui avait non seulement nationalisé les entreprises, mais aussi les compagnies minières. Puis, il y a eu la loi Bakajika(le sol et le sous-sol appartiennent à l’État). Et lorsque la MIBA est tombée en faillite, on a libéralisé le secteur artisanal. Une situation qui était passagère, est devenue permanente. Il est important de relever ici que le secteur minier de la République démocratique du Congo a deux sous-secteurs. Il s’agit du secteur industriel et du secteur artisanal dont on en parle pas beaucoup”.

Puis d’expliquer: “Le secteur artisanal, ce sont les individus qui l’alimentent, et ils sont plus de 2 millions de personnes. En 1960, on produisait 300.000 tonnes du cuivre, et aujourd’hui on produit 4.500 tonnes. C’est pour vous faire comprendre la performance des congolais que nous sommes. Ça, c’est l’exemple de la GECAMINES. Vous devez savoir que les compagnies minières congolaises ne performent pas du tout. Il y a Kibali Gold qui fait 23 tonnes et la Sokimo qui fait zéro tonnes. Vous, les générations futures, devez reprendre le contrôle de l’exploitation minière industrielle. Si ça continue comme ça, vous allez vous rendre compte plus tard que tout appartient aux étrangers, pas aux congolais”.

Répondant aux questions des étudiants sur la problématique des enfants dans les mines, le patron de la porte d’entrée du secteur minier a laissé entendre que celle-ci est liée à la pauvreté.

Du cadre juridique à la stigmatisation…

Le DG de CAMI n’était pas le seul intervenant de cette conférence. À ses côtés, il y avait également  le professeur Jivet Ndela Kubokoso, mandataire en mines et carrières, expert en Droit OHADA et avocat ainsi que Cyrille Mutombo, vice-président de la Chambre des mines de la Fédération des entreprises du Congo -FEC-.

Réagissant aux propos des étudiants qui ont, pendant leur débat contradictoire, estimé que le code minier de 2018 ne lutte pas totalement ou réellement contre la pauvreté des communautés locales et de tout le pays,  le professeur Jivet Ndela a affirmé que le code minier de 2002 n’avait pas beaucoup d’instruments juridiques. Alors que celui de 2018 a développé beaucoup d’instruments afin de faire bénéficier au pays et aux congolais des avantages liés au secteur des mines. “Tout est là pour permettre à ce que les congolais bénéficient du nouveau code minier. Il y a plutôt déficit de formation des congolais sur le secteur minier afin qu’ils bénéficient de ce code”, a-t-il indiqué.

À son tour, Cyrille Mutombo s’est  attelé à la stigmatisation du secteur minier. “Nous avons tous stigmatisé ce secteur, oubliant nos responsabilités. Nous oublions que le développement d’un pays est un exercice qui se conjugue par plusieurs personnes ou plusieurs secteurs. L’exploration pour trouver un gisement des mines, prend 5 années… Nous devons dissocier le développement du pays du secteur minier.
La qualité des acteurs détermine la qualité de la lutte”, a-t-il fait observer aux étudiants.

Et de rajouter: “Lorsque vous regardez les acteurs miniers au Katanga, vous constaterez qu’il n’y a pas des acteurs mondiaux. Donc, nous devons arrêter de stigmatiser ce secteur, en aidant l’Etat à bâtir une fiscalité compétitive. Demain, vous serez des leaders. Arrêtez de jeter des pierres seulement au secteur des mines. Que chacun joue sa partition pour faire de ce secteur un vrai contribuable”.

Le DG Mabolia remettant le brevet à une étudiante, participante au débat contradictoire.

Par ailleurs, à la fin de cette conférence, les intervenants ont procédé à la remise des brevets aux étudiants ayant participé au débat contradictoire organisé par la structure “Agora Juridique” en partenariat avec le Cadastre Minier sous la thématique :
“Le Droit minier et la lutte contre la pauvreté en RDC”.

René Kanzuku