22/01/2026

Le Regard

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Kisangani : le Festival Ngoma 15 ouvre ses rideaux avec « Quand la plume accouche », une fresque théâtrale poignante

La quinzième édition du Festival Ngoma a démarré sous des applaudissements nourris, confirmant sa réputation de rendez-vous culturel majeur dans le chef-lieu de la province de la Tshopo.

« Ce festival est une fête pour la ville », a résumé Magloire Bolunda, coordonnateur du Groupe Taccems qui organise ce festival, traduisant l’enthousiasme d’un public avide d’émotions scéniques et de récits engagés.

Pour son ouverture, la troupe Shine Théâtre a proposé une création originale, « Quand la plume accouche », écrite par Célestin Kasongo et mise en scène par Mervis Bagunina.

Portée par les comédiens Henock Baruti et Wata Camara, la pièce a plongé les spectateurs dans les déboires intimes et sociaux d’un écrivain en mal de reconnaissance, coincé entre ses illusions littéraires et les réalités cruelles de la vie conjugale.

Au centre de l’intrigue, Makomi, un écrivain bibliomane qui, entre dettes de loyer, manuscrits refusés et accusations de plagiat, peine à tenir son foyer avec Anita, sa femme. Dix ans de mariage sans enfant, dix ans d’amertumes accumulées : Anita, oscillant entre désespoir et colère, confesse avoir repoussé des hommes stables avant de succomber à ce « jeune homme avec la parole de Dieu ».

L’attente d’une grossesse, les tentatives désespérées de Makomi pour « marquer un but » comme dans un match de football, l’usage d’aphrodisiaques, et la stigmatisation de l’infertilité féminine forment une toile dramatique où l’intime rejoint le social.

La pièce dévoile aussi l’âpreté du monde littéraire. Makomi, persuadé d’avoir trouvé enfin la consécration, découvre que son manuscrit a été détourné par un imposteur. Alors qu’il se croit coupable de plagiat, il réalise trop tard que ses propres textes ont été vendus au prix d’un beignet et réécrits par un autre. La mise en scène de Bagunina, sobre mais percutante, a su maintenir un équilibre entre drame domestique et satire du milieu culturel, donnant à la pièce des accents de tragédie contemporaine.

Mais c’est le dernier rebondissement qui a électrisé la salle : au moment où Anita, résolue à quitter son foyer, se découvre des nausées annonciatrices d’une possible grossesse. Cette suspension dramatique, habilement laissée en point d’interrogation, a soulevé l’ovation du public, saluant à la fois la profondeur du texte et l’intensité du jeu d’acteurs.

Avec « Quand la plume accouche », le Festival Ngoma 15 s’ouvre sur un pari réussi : faire du théâtre un miroir de la société congolaise, où se mêlent désirs contrariés, injustices sociales et quête de dignité.

Justice M. Kangamina

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