L’organisation de défense des droits humains «Badilika» appelle le gouvernement congolais à rouvrir sans délai les banques dans les villes de Goma et Bukavu, actuellement sous contrôle de la coalition rebelle AFC/M23. Elle dénonce une « punition collective » infligée à des populations déjà éprouvées par la guerre.
Depuis janvier 2025, date de la prise de contrôle de plusieurs localités par l’AFC/M23, les banques y ont cessé leurs activités. Selon Badilika, cette décision prive des milliers de familles de l’accès à leurs ressources financières, aggravant la précarité et plongeant la région dans une crise économique profonde.
Dans un communiqué publié le 15 septembre, l’ONG décrit une situation dramatique : commerces paralysés, marchés désertés, inflation galopante et salaires bloqués. Enseignants, agents de santé et fonctionnaires se retrouvent sans revenus, tandis que les hôpitaux manquent de médicaments et de matériel, laissant patients et soignants démunis.
Badilika alerte également sur les conséquences sociales : enfants déscolarisés, familles déstructurées, femmes et personnes vulnérables confrontées à la faim et à la misère. Elle estime que cette fermeture accentue la souffrance d’une population déjà victime du conflit armé.
L’organisation plaide pour la réouverture immédiate et sécurisée des banques, ainsi que pour la mise en place de solutions alternatives de paiement comme le mobile money ou des guichets spéciaux. « Le gouvernement ne peut pas dialoguer avec les rebelles tout en abandonnant sa population », conclut Badilika, qui appelle les autorités à agir pour soulager la détresse des habitants de Goma et Bukavu.
Anicet Cito
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