13/07/2026

Le Regard

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«Morts et blessés» le 12 juin à Kinshasa: l’UE contredit le gouvernorat

L’Union européenne a officiellement condamné les affrontements survenus le 12 juin à Kinshasa, parlant des morts et des blessés graves, contrairement au bilan du gouvernement provincial qui fait état d’une vingtaine de blessés seulement.

Lors d’un sit-in de la Coalition Article 64 composée de partis politiques de l’opposition contre une éventuelle révision ou changement de la constitution, des heurts violents ont éclaté, suscitant de vifs appels à des enquêtes indépendantes.

La journée du 12 juin 2026 restera gravée comme l’un des épisodes les plus sombres de la récente crise politique qui secoue la République Démocratique du Congo. Ce qui devait être un rassemblement pacifique organisé par l’opposition pour protester contre une proposition de loi référendaire devant le siège du Parlement a rapidement dégénéré en affrontements d’une rare intensité.

Des figures majeures de l’opposition, dont Martin Fayulu et Delly Sesanga, ont été blessées lors de cette dispersion violente. Face à la tournure tragique de ces événements, la communauté internationale a réagi avec fermeté. Alors que le bilan des victimes varie considérablement selon les sources, l’opposition et certaines ONG faisant état de morts et de nombreux blessés, tandis que le gouvernement provincial dément les décès et rapporte une vingtaine de blessés légers, l’Union européenne -UE-, elle, n’a pas tardé à exprimer son indignation.

Dans un message sur X,le Porte-parole de l’Union Européenne pour les Affaires étrangères, Anouar El Anouni a déploré «L’UE déplore les évènements violents du 12 juin à Kinshasa, ainsi que les morts et blessés graves constatés». L’UE a tenu à rappeler que «l’espace démocratique inclusif implique l’attachement aux libertés fondamentales dont la liberté de manifester pacifiquement dans le cadre de la loi ».

Cette déclaration résonne comme un rappel à l’ordre adressé aux autorités compétentes pour garantir le respect des droits de l’homme.

Un climat politique sous haute tension

Cet épisode de violence intervient dans un climat de vive crispation institutionnelle. Le débat est cristallisé autour d’un projet de loi fixant les conditions d’organisation d’un référendum, adopté le 9 juin dernier par l’Assemblée nationale. Une frange importante de l’opposition et de la société civile accuse le pouvoir en place de vouloir changer l’actuelle Constitution afin d’ouvrir la voie à un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi.

Face à cette escalade, des organisations de défense des droits humains, telles que Human Rights Watch, ont d’ores et déjà exigé l’ouverture d’une enquête indépendante, impartiale et transparente pour faire toute la lumière sur ces violences. La Commission Nationale des Droits de l’Homme -CNDH- a également annoncé la publication imminente d’un rapport complet pour établir les responsabilités de ce dérapage.

La situation à Kinshasa demeure volatile et les regards sont désormais tournés vers le Sénat, où la proposition de loi référendaire poursuit son parcours législatif sous très haute surveillance.
Rappelons que l’opposition avait prévu de manifester à l’esplanade du Palais du Peuple le vendredi 12 juin.

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Face au refus des autorités urbaines qui avaient proposé de délocaliser la mobilisation au terrain Assossa situé dans la commune de Kasa-Vubu, la tension est montée d’un cran. Des affrontements ont éclaté entre les manifestants, les forces de l’ordre et des individus se réclamant de la « Force du progrès », un mouvement proche du parti présidentiel, l’UDPS.

René Kanzuku