18/07/2024

Le Regard

De l’information fouillée et vérifiée

RDC: 2ème gagnante de la 1ère Édition «Facebook Light», concours virtuel de la peau noire, Exaucée Umba fait un témoignage touchant sur son père

La pratique de la dépigmentation de la peau noire en République démocratique du Congo, est mise en danger. La plateforme numérique socioculturelle «Facebook Light Award RDC» a organisé la toute première édition du concours virtuel national de la peau noire dénommé «Facebook Light».

Sur initiative du journaliste congolais René Kanzuku, le premier numéro de ce projet virtuel qui s’est déroulé uniquement sur Facebook du 04 au 07 juillet 2024, était dédié aux femmes. Les provinces du Kongo Central, de Kasaï Central, du Nord-Kivu, du Haut-Katanga et de Kinshasa ont honoré cet événement par la participation de 25 jeunes dames.

Seuls les likes sur les photos ont constitué les votes. Exaucée Umba de Mbanza-Ngungu a raflé 617 voix dérrière Deborah Kabuya de Kinshasa qui en a eu 686 likes et devant Exaucée Tabanzo qui a fait 613 likes. Les trois gagnantes ont respectivement gagné 280.000fc, 140.000fc et 70.000fc, ainsi que des cadeaux venant des partenaires du projet dont la marque Marly Créations.

«Beaucoup pensent qu’être belle, c’est avoir un teint clair. Et malheureusement, j’ai grandi avec cette mentalité là, il m’a fallu beaucoup de temps pour m’accepter. Je dirais qu’en grande partie, c’est mon père : il me voit comme la plus belle fille sur la terre. À chaque fois qu’il m’offrait un cadeau, il glissait une phrase qu’il aime beaucoup : tout le monde est né pour être différent, c’est la seule chose qui nous rend authentique. ( ça ne vient pas de mon père). Et en grandissant, j’ai compris de quoi il voulait parler, grâce à un livre que j’ai lu : apprendre à vivre et à aimer de Leo Buscaglia en 2018. Et ensuite plusieurs autres livres. J’ai appris à accepter ma taille :1m79, très mince et mon visage de gamine, surtout à ne pas complexer. Quand quelqu’un me dit: tu n’es pas belle, tu es trop mince, je me dis dans mon for intérieur: la beauté est subjective, il n’est pas obligé de voir le niveau de ma beauté…», a-t-elle révélé à LE REGARD.

Et d’ajouter: «Quand je vois une femme dépigmentée, la première chose qui me passe par la tête, c’est: elle a besoin d’aide. Je les aperçois souvent comme des personnes qui ne se connaissent pas. Mais en vrai, c’est l’image qu’elles ont reçu dès le bas âge à l’école, tout comme à l’église, dans le quartier. On nous représente le blanc comme la perfection et le noir comme tout ce qui est maudit, mauvais. La seule image qu’elles présentent est celle des personnes ayant un problème de confiance ou d’estime de soi. Mais c’est vrai aussi que je ne supporte pas rester à moins d’un mètre des personnes dépigmentées. Pour la simple et bonne raison qu’elles dégagent généralement une odeur bizarre. Alors, dans ce genre de situation, le conseil n’est généralement pas bien accueilli. Il faut les amener d’abord à aimer la peau noire, je pense que c’est la meilleure façon d’aider, présenter tous les avantages de la peau noire et en parallèle présenter les désavantages de la depigmentation, entre autre cancer de la peau, plusieurs personnes qui la pratique, ignorent les conséquences».

Et de remercier : «Je commence d’abord par féliciter le comité organisateur et remercier Monsieur René Kanzuku, m’avoir permis de participer. Je suis persuadée qu’à travers nos images (toutes les candidates sélectionnées), vous avez contribué à changer les normes de la beauté prédominantes, à promouvoir et renfoncer l’estime de soi chez les personnes ayant une peau noire, comme moi. J’espère que cette première expérience va permettre d’inspirer la confiance en soi chez ces très belles personnes à la peau noire qui en manquent encore. Une fois encore merci».

Un parcours prometteur…

Exaucée UMBA MBUMBA, originaire du Kongo Central, est née le 16 décembre 2002 à Matadi, d’une famille de 5 enfants dont elle est la deuxième (2 garçons et 3 filles). Diplômée d’Etat en latin-philo( 2019-2020). Elle est graduée en droit économique et social.

Actuellement, elle est étudiante en première année de licence (ancien système) à la Faculté de droit de l’Université Kongo. Elle est Vice-présidente honoraire du Bureau des étudiants de l’Université Kongo, Membre de la communauté U-report Mbanza-Ngungu, Cofondatrice de la structure “Fier d’être Congolais” et Coordinatrice de l’ASBL “La Voix de l’Espoir/Mbanza-Ngungu “.

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