17/07/2024

Le Regard

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RDC: gagnante du 1er Prix de la 1ère Édition «Facebook Light», concours virtuel de la peau noire, Deborah Kabuya s’adresse aux femmes

Dans le but de lutter contre la pratique de la dépigmentation de la peau noire, la plateforme numérique socioculturelle «Facebook Light Award RDC» a organisé la toute première édition du concours virtuel national de la peau noire dénommé «Facebook Light» du 04 au 07 juillet 2024.

Initié par le journaliste congolais René Kanzuku, le premier numéro de ce projet virtuel était dédié à la gente féminine vivant uniquement en République démocratique du Congo. 25 filles des provinces du Kongo Central, de Kasaï Central, du Nord-Kivu, du Haut-Katanga et de Kinshasa ont concouru à cette belle aventure culturelle sur le réseau social Facebook.

Seuls les likes sur leurs différentes photos publiées sur Facebook, comptaient pour les votes. Après cette élection, la candidate de Kinshasa, Deborah Kabuya, a remporté le premier Prix avec 686 likes, devant Exaucée Umba de Mbanza-Ngungu qui, elle à son tour, a devancé Exaucée Tabanzo avec 617 likes contre 613 likes.

Les trois gagnantes ont respectivement gagné 280.000fc, 140.000fc et 70.000fc, ainsi que des cadeaux venant des partenaires du projet dont la marque Marly Créations.

«La dépigmentation crée des multiples problèmes de santé à long terme, agissant comme un poison retardé dans le corps humain. C’est une pratique à bannir et surtout l’État devrait prendre des mesures sévères contre ces pratiques suicidaires qui violent en même temps notre culture. De nos jours, elles n’utilisent plus seulement des cosmétiques mais aussi des injections intraveineuses et musculaires. C’est tellement dangereux à la longue. À mon avis, les femmes noires qui se dépigmentent le font souvent par manque de confiance en leur propre beauté, influencées par les normes imposées par la société. Elles se sentent moins valorisées en étant noires et cherchent à égaler les femmes plus claires. Certaines le font également par envie des femmes claires», a déclaré Déborah Kabuya à notre rédaction, après sa victoire.

Et de conseiller: «Bien que ces produits à hydroquinone donnent un éclat temporaire au teint naturel, un entretien régulier est nécessaire pour éviter des complications à long terme. Il est important d’aimer sa peau noire et de ne pas se sentir inférieure à une peau claire».

Et de conclure: «Nous exprimons notre gratitude à l’organisateur de Facebook Light. C’est un message puissant qui s’adresse à tous, pas seulement aux femmes. Certaines femmes se sentent obligées de se dépigmenter en raison des humiliations de leurs partenaires ou de leurs complexes. Aujourd’hui, un homme a exprimé haut et fort que les femmes noires sont belles, tout comme les femmes de peau claire. Cela va encourager celles qui, se sentant honteuses, étaient tentées de se dépigmenter, à se sentir belles et valorisées en étant noires. Les hommes aussi réaliseront que toutes les femmes sont belles à leur manière, et qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un teint uniforme pour juger de la beauté d’une femme».

Un parcours exemplaire…

De son nom complet Mbuyi Kabuya Déborah, elle née le 19 août 1994 à Mbuji-Mayi d’un père enseignant, journaliste et d’une mère infirmière, tous décédés. Elle a grandi à Mbuji-Mayi, cette ville où elle a fait ses études primaires à l’école du poste MIBA, avant de poursuivre son parcours scolaire à l’ESGTK/MIBA pour le secondaire.

En 2017, elle obtient son diplôme en sciences de l’information et de la communication à l’Université de Mbujimayi, une étape importante qui a marqué le début de sa carrière professionnelle.

Elle a ensuite travaillé comme caissière à la TMB de 2018 à 2019, acquérant ainsi une expérience précieuse dans le domaine financier. Par la suite, elle occupe un poste de commercial chez Daipn Mbujimayi de 2020 à 2021, où elle a pu développer ses compétences en vente et en relation client.

Son engagement humanitaire va la conduire à travailler chez Chemonics International de juillet à septembre 2021, une expérience enrichissante qui lui a permis de contribuer à des projets d’aide et de développement.

Plus récemment, elle a occupé le poste de caissière à la FBN bank Mbuji-Mayi de 2021 à 2022, continuant à développer ses compétences dans le secteur financier.

Actuellement, elle se sent fière d’occuper le poste de communicante au ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté. Cette nouvelle étape dans sa carrière lui permet d’utiliser ses compétences en communication pour contribuer à des projets importants dans le domaine de l’éducation et de la citoyenneté.

Elle est aussi étudiante en Master1, faculté de la Communication Éducation et Développement (CED) département Communication de développement, à l’UNISIC.

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