Le Parlement du Kosovo a élu, le 7 octobre 2026 à Pristina, Justina Shiroka Pula à la présidence de la République, mettant fin à plusieurs mois d’incertitude institutionnelle.
Économiste, universitaire et ancienne ministre de l’Économie, la nouvelle Cheffe de l’État kosovare a obtenu 81 voix sur les 120 membres de l’Assemblée, dépassant de justesse le seuil requis de 80 suffrages. Son élection a permis au pays des Balkans d’éviter de nouvelles élections anticipées, qui auraient prolongé la paralysie politique.
Dans son premier discours, Justina Shiroka a promis d’être la présidente de tous les citoyens kosovares, appelant à l’unité nationale dans un contexte marqué par de profondes divisions politiques.
Ce scrutin intervient après plus de 19 mois de blocage politique, ponctués par des désaccords entre le mouvement Vetëvendosje du Premier ministre Albin Kurti et les formations politiques de l’opposition.
L’absence de consensus sur le choix du président avait déjà contribué à la tenue de plusieurs élections législatives anticipées. La crise s’est également aggravée après la condamnation, le 16 septembre, de l’ancien président Hashim Thaçi et de trois autres anciens responsables de l’Armée de libération du Kosovo pour des crimes de guerre liés au conflit de 1998-1999.
Cette décision a provoqué des manifestations à Pristina, où des protestataires réclamaient notamment une révision du cadre juridique de la juridiction spéciale basée à La Haye.
Un accord politique entre Vetëvendosje et le Parti démocratique du Kosovo a finalement facilité l’élection présidentielle, sur fond de controverses autour des pouvoirs de cette juridiction.
Pendant cette période de crise, Albulena Haxhiu, présidente de l’Assemblée nationale, a assuré l’intérim à la tête de l’État conformément aux dispositions constitutionnelles. Son mandat intérimaire de six mois, arrivé à expiration au début du mois d’octobre, avait soulevé des interrogations sur la continuité des institutions en l’absence d’un nouveau président.
Face au risque de vide institutionnel et à la perspective d’un nouveau scrutin législatif, les responsables politiques ont dû accélérer les négociations.
L’élection de Shiroka Pula constitue ainsi une issue immédiate à la crise, sans pour autant garantir la disparition des tensions entre les différentes forces politiques.
La capacité de la nouvelle présidente à favoriser le dialogue institutionnel et à préserver la stabilité du Kosovo sera déterminante pour la suite de son mandat.
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