L’arrêté interministériel demeure en vigueur, mais les jeunes entreprises innovantes bénéficient d’une exonération totale. Le gouvernement promet un dialogue régulier avec le secteur. Les tensions se dissipent.
Après des jours de polémique alimentée par les réseaux sociaux, le gouvernement de la République démocratique du Congo a tranché la question qui agitait l’écosystème numérique: l’arrêté interministériel n°015 du 20 juillet 2026 restera d’application, mais les startups en sont totalement exonérées.
C’est ce qu’a confirmé jeudi le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, lors d’une séance de travail avec les représentants du secteur. Une rencontre qui met fin aux spéculations et aux craintes d’un moratoire qui n’a jamais existé.
Pas de suspension, une clarification
Les inquiétudes avaient surgi dès la publication de l’arrêté fixant les droits, taxes et redevances applicables au secteur numérique. Plusieurs acteurs professionnels redoutaient que ces nouvelles mesures ne freinent le développement des jeunes entreprises technologiques, fragilisant les efforts pour construire une économie numérique compétitive dans le pays.
Menée par Alain Kilapi, président du Conseil d’administration du Réseau des Acteurs du Numérique, la délégation a posé les bonnes questions: confirmait-on vraiment l’existence d’un prétendu moratoire? Le gouvernement serait-il ouvert à instaurer un dialogue régulier avec les professionnels?
La réponse du ministre a été sans détour. «L’arrêté interministériel portant fixation des taux ne concerne nullement les startups. L’innovation ne sera pas tuée dans l’œuf, elle sera encouragée», a déclaré Alain Ilepi, porte-parole du ministère à l’issue des échanges.
En confirmant l’exonération totale des jeunes entreprises innovantes, le gouvernement affirme clairement sa priorité: ne pas étouffer l’émergence entrepreneuriale. Cette mesure reflète une volonté politique de préserver l’espace de création et d’experimentation qui caractérise les débuts d’une startup.
Le ministère s’est engagé à publier rapidement des mesures officielles pour formaliser cette clarification et éviter toute nouvelle confusion. Une communication claire, c’est ce que demandait le secteur. C’est ce qu’il obtient.
Un cadre permanent de dialogue
Au-delà de cette mise au point, la réunion a établi un précédent important: le gouvernement et les acteurs du numérique conviennent d’instaurer un mécanisme permanent de concertation. Fini les décisions surprises, place à l’échange régulier. Cette plateforme permettra de mieux anticiper les défis sectoriels, d’affiner les politiques publiques et de favoriser un développement plus harmonieux de l’économie numérique congolaise.
Les professionnels ont également proposé la création d’un baromètre stratégique, un outil destiné à fournir au gouvernement des données fiables sur l’état du numérique en RDC. Suivi des chiffres d’affaires, des créations d’emplois, des trajectoires de croissance: les données qui manquaient pour piloter une véritable stratégie sectorielle.
Un équilibre fragile mais trouvé
En maintenant la régulation du secteur tout en protégeant l’innovation par l’exonération des startups, le gouvernement cherche à trouver son équilibre. Ni laisser-faire, ni asphyxie. Un positionnement que les deux camps considèrent désormais comme viable.
Cette rencontre marque un tournant. Elle montre qu’il est possible de concilier besoin de recettes fiscales et protection de l’écosystème entrepreneurial, à condition que le dialogue prime sur l’unilatéralisme.
Pour l’économie numérique congolaise, c’est une bouffée d’oxygène au moment où elle a besoin de clarté et de stabilité pour s’épanouir. Le gouvernement a écouté. Le secteur peut maintenant travailler l’esprit plus léger.
La Rédaction
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