La Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel -C64- hausse de nouveau le ton. Dans un communiqué daté du 8 août 2026, les cinq leaders de cette plateforme de l’opposition condamnent les attaques qu’ils affirment avoir été perpétrées contre des membres de leurs partis lors d’une réunion politique tenue le 6 août au Camp Luka, ainsi que celles visant le siège de l’ECiDé le 7 août.
La coalition dénonce des actes qu’elle considère comme des violences et des intimidations dirigées contre l’opposition, qu’elle juge incompatibles avec l’État de droit et les libertés publiques.
Dans le même document, la C64 revient sur sa décision de reporter sa marche initialement prévue le 22 juillet à Kinshasa. La plateforme avait alors choisi de donner une chance au dialogue national, à la suite notamment des appels de la CENCO et de l’ECC, tout en fixant au pouvoir une échéance au 15 août 2026 pour apporter des réponses concrètes à ses revendications.
La coalition rappelle aujourd’hui que cette date reste inchangée et prévient qu’à l’expiration de ce délai, en l’absence de réponses jugées satisfaisantes, elle entend reprogrammer sa marche.
Minaku et Shadary toujours au centre des préoccupations
La C64 évoque également la situation d’Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary, deux cadres du PPRD dont la détention prolongée suscite depuis plusieurs mois des réactions dans l’opinion. Dans son communiqué, la coalition affirme avoir pris note de leur transfert vers un lieu de détention connu après plus de 200 jours de détention qu’elle qualifie de clandestine et arbitraire.
Elle demande que les deux hommes soient présentés devant leur juge naturel et bénéficient d’un procès équitable. Des informations publiées fin juillet faisaient état de près de huit mois de détention secrète pour Minaku et Shadary, sans procédure judiciaire connue à leur encontre.
Par ailleurs, la coalition salue la restitution du passeport d’Olivier Kamitatu, qu’elle considère comme un geste susceptible de contribuer à la décrispation du climat politique.
Elle souhaite que cette mesure soit étendue aux autres membres de l’opposition confrontés à des restrictions similaires. Créée officiellement le 19 mai 2026, la C64 réunit notamment l’ECiDé de Martin Fayulu, Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, le LGD de Matata Ponyo, Envol de Delly Sesanga et l’Alliance pour le Changement de Jean-Marc Kabund.
La plateforme s’était constituée autour de la défense de l’ordre constitutionnel et de son opposition à toute révision de la Constitution susceptible, selon elle, d’ouvrir la voie à un troisième mandat de Félix Tshisekedi.
Dans son communiqué du 8 août, la C64 appelle enfin ses militants, ses structures membres et les citoyens qui partagent son combat à rester mobilisés pour ses activités préparatoires.
Tout en condamnant les actes d’intimidation qu’elle dénonce, la coalition assure que ceux-ci ne remettront pas en cause son engagement en faveur de l’ordre constitutionnel, de l’État de droit et des libertés publiques. Le 15 août reste donc, à ce stade, la date butoir annoncée par la C64, laissant planer la perspective d’une nouvelle mobilisation de l’opposition si aucun compromis n’est trouvé d’ici là.
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