16/09/2026

Le Regard

De l’information fouillée et vérifiée

RDC: Isidore Kwandja appelle les journalistes à remettre l’éthique au cœur du métier

Ancien directeur du Comité national des IXes Jeux de la Francophonie et analyste des politiques publiques, Isidore Kwandja Ngembo interpelle les journalistes congolais sur la responsabilité qui accompagne l’exercice de leur profession.

Dans une tribune publiée sur les réseaux sociaux, il alerte sur ce qu’il considère comme une dérive préoccupante du paysage médiatique en République démocratique du Congo: la diffusion d’informations avant leur vérification, le recours au sensationnalisme et la confusion croissante entre journalisme, militantisme et communication politique.

Intitulée «RDC : quand le journaliste abandonne l’éthique, l’information devient une arme», sa réflexion part d’un principe simple: tout le monde peut s’exprimer, mais tout le monde n’est pas journaliste. Pour Kwandja, le journaliste doit avant tout servir les faits et non une cause ou un camp politique.

Il estime que la publication d’une information non vérifiée ou insuffisamment recoupée peut porter atteinte à une réputation, fragiliser une institution et contribuer à alimenter les tensions dans une société déjà confrontée à de nombreux clivages.

«Le journaliste doit servir les faits»

S’appuyant sur sa formation en éthique publique, Isidore Kwandja souligne que l’exercice d’une responsabilité suppose également de mesurer les conséquences de ses actes. Il dénonce notamment une pratique consistant à «publier avant de vérifier», à «relayer avant de recouper » ou encore à « accuser avant d’établir les faits». Pour lui, la recherche du buzz ne peut prendre le pas sur l’exigence de vérité qui devrait guider le travail journalistique.

L’ancien responsable des Jeux de la Francophonie rappelle par ailleurs que la liberté de la presse ne saurait être confondue avec un droit à la désinformation. À ses yeux, l’indépendance journalistique se mesure notamment à la capacité de traiter avec le même esprit critique le pouvoir et l’opposition, mais aussi les alliés et les adversaires.

« Lorsque l’appartenance politique détermine ce que l’on publie », estime-t-il, le journalisme risque de céder sa place à la propagande. Cette conception rejoint son parcours d’analyste des politiques publiques et sa formation en éthique publique, droit international et sciences politiques.

 

Dans sa tribune, Isidore Kwandja appelle ainsi les professionnels des médias à replacer l’éthique au centre de chaque reportage, interview, titre, image et publication. Son message intervient dans un contexte où les réseaux sociaux accélèrent considérablement la circulation des informations et des rumeurs.

Pour lui, le rôle du journaliste demeure essentiel dans une démocratie: informer avec rigueur, vérifier les faits et préserver la confiance du public. « Informer est un pouvoir », rappelle-t-il, estimant que ce pouvoir, lorsqu’il est exercé sans éthique, peut devenir une arme.

RK