16/09/2026

Le Regard

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RDC: le gouvernement et l’ONU lancent un projet pour renforcer la cohésion sociale et accompagner le retour des déplacés au Nord et Sud-Kivu

Le gouvernement de la République démocratique du Congo, avec l’appui des Nations unies, a officiellement lancé, vendredi 14 août 2026 à Kinshasa, le «Projet de renforcement de la cohésion sociale, de la résilience et de la réintégration des retournés dans les zones affectées par les conflits au Nord-Kivu et au Sud-Kivu».

La présentation de cette initiative est intervenue lors de la première réunion de son Comité de pilotage, organisée dans la salle Lubumbashi de l’Hôtel Pullman.

Mis en œuvre par le Programme des Nations unies pour le développement -PNUD-, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés -HCR- et l’Organisation internationale pour les migrations -OIM-, avec le financement du Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix -PBF-, le projet vise à renforcer la cohésion communautaire, améliorer l’accès aux services sociaux de base et soutenir la résilience socio-économique des populations affectées par les conflits.

La cérémonie s’est déroulée en présence de la vice-ministre de l’Intérieur, en charge de la Sécurité et de la Décentralisation, Eugénie Tshiela Kamba, qui a prononcé le discours d’ouverture au nom du vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, empêché.

Dans son intervention, elle a insisté sur l’importance d’une réintégration qui ne se limite pas au retour physique des populations déplacées. Selon elle, un retour durable doit être accompagné de conditions favorables à la sécurité, à la réinsertion socio-économique, à l’accès équitable aux services de base et à la restauration de relations harmonieuses avec les communautés d’accueil.

Elle a également présenté la réintégration comme un processus de reconstruction du lien social fondé sur la confiance, le dialogue et la participation de tous.

Près de 2,84 millions de déplacés dans les deux Kivu

Près de 2,84 millions de personnes déplacées internes sont recensées au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, selon les données rappelées lors de la cérémonie. Les conflits armés ont notamment entraîné des déplacements massifs, la perte des moyens de subsistance, l’affaiblissement du tissu socio-économique et l’érosion du vivre-ensemble.

Le projet entend agir sur plusieurs fronts: renforcement des comités communautaires de paix et de protection, réactivation des mécanismes d’alerte précoce, amélioration de l’accès à l’eau, à l’éducation et aux soins de santé, soutien à la santé mentale et au bien-être psychosocial, mais aussi accompagnement des initiatives économiques.

Des emplois temporaires à haute intensité de main-d’œuvre, des activités génératrices de revenus, des micro-subventions et des mécanismes d’épargne communautaire figurent également parmi les actions envisagées.

Le HCR appelle à investir dans la cohésion sociale

Prenant également la parole, le représentant du HCR a salué le leadership du gouvernement congolais et insisté sur la nécessité d’investir dans la cohésion sociale, le relèvement communautaire et la réintégration digne des personnes retournées. Il a rappelé que près de 2,84 millions de déplacés internes sont toujours recensés dans les deux provinces, tout en soulignant la résilience des populations confrontées aux conséquences des conflits.

Le représentant du HCR, Pierre Atchom a présenté trois piliers essentiels du projet: le renforcement des mécanismes communautaires inclusifs de dialogue et de prévention des tensions, l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base et le renforcement de la résilience socio-économique.

Il a également insisté sur l’inclusion des femmes, des jeunes, des leaders communautaires, des déplacés, des retournés et des communautés d’accueil dans le processus de reconstruction de la confiance et de consolidation de la paix.

Pour le HCR, le retour des populations ne peut constituer à lui seul une solution durable. «Le retour à lui seul ne constitue pas une solution durable», a souligné Pierre Atchom, estimant que les personnes retournées doivent pouvoir retrouver leur dignité, accéder aux services essentiels, bénéficier d’opportunités économiques et être pleinement acceptées au sein de leurs communautés.

Des interventions ciblées dans plusieurs territoires

Le projet cible notamment les territoires de Lubero, Beni et Uvira, ainsi que certaines zones de Rutshuru et Masisi, avec une attention particulière aux communautés d’accueil, aux retournés, aux autorités locales et coutumières, aux organisations communautaires et aux leaders locaux.

Dotée d’un financement de 3 millions de dollars américains, soit 1,2 million de dollars pour le HCR, 900.000 dollars pour l’OIM et 900.000 dollars pour le PNUD, l’initiative vise à créer les conditions d’un retour sûr, digne et durable.

René Kanzuku