Prise en charge médicale, récupération du patrimoine, réforme du statut des anciens combattants, pacification du Grand Bandundu, réinsertion des ex-Mobondo et initiatives sociales: après une année à la tête du ministère délégué chargé des Anciens combattants, Eliezer Ntambwe Mposhi revendique plusieurs chantiers engagés en faveur des vétérans et de la consolidation de la paix. Dans un entretien accordé à LE REGARD, Bibiche Landu, membre de l’Action commune pour la République -ACR-, dresse un bilan largement positif qui, selon elle, traduit une nouvelle dynamique dans ce secteur.
Pour Bibiche Landu, il faut d’abord replacer l’action du ministre dans le contexte difficile vécu pendant plusieurs années par les anciens combattants. À l’en croire, de nombreux vétérans avaient un accès limité aux soins et ne disposaient pas d’une couverture sanitaire adaptée à leurs besoins.
La prise en charge médicale engagée depuis décembre 2025 constitue ainsi, à ses yeux, l’un des changements les plus visibles de cette première année. Une ambulance mobile a notamment été mise à disposition afin d’intervenir auprès des anciens combattants qui éprouvent des difficultés à se déplacer. Des professionnels de santé assurent également un suivi régulier à domicile.
Mais l’action médicale ne s’arrête pas aux visites à domicile. Dans ses propos, Bibiche Landu cite également la prise en charge de vétérans souffrant de problèmes de vision, conduits dans une structure spécialisée pour des examens médicaux en présence du ministre.
Mme Landu insiste sur l’impact humain de cette politique: « le soulagement, la satisfaction et le sentiment de considération de l’État envers ceux qui ont servi sous le drapeau».
La récupération du patrimoine: une opération désormais engagée
Autre dossier majeur de l’an 1 du mandat d’Eliezer Ntambwe: le patrimoine des anciens combattants. Le ministre a multiplié les déplacements sur le terrain, notamment à Kinshasa et à Lubumbashi, dans le cadre de l’identification et de la récupération des biens destinés aux vétérans.
À Lubumbashi, une mission officielle menée en février 2026 avait précisément pour objectif d’identifier et de récupérer des patrimoines appartenant aux anciens combattants. Cette démarche faisait suite à une décision du Conseil des ministres visant à identifier, récupérer, valoriser et sécuriser ces biens.
La démarche avait également été présentée par Eliezer Ntambwe comme l’un des chantiers engagés dès ses premiers mois au gouvernement Suminwa II.
Le statut des anciens combattants, vers un nouveau cadre juridique
Le projet de loi portant statut des anciens combattants constitue un autre chantier important cité dans ce bilan. Dès ses premiers mois au gouvernement, Eliezer Ntambwe avait placé ce texte parmi ses priorités. Il avait expliqué que l’objectif était notamment de mettre fin à la confusion entourant la catégorisation des anciens combattants et de leur donner un cadre juridique mieux adapté.
Le ministre avait également évoqué l’identification biométrique comme un moyen de mieux maîtriser les effectifs concernés.
En juillet 2026, le projet a franchi une étape à l’Assemblée nationale avec le vote de sa recevabilité, selon Bibiche Landu. Elle rappelle également que le rapporteur de la chambre basse a plaidé, au cours du même mois, pour son réexamen.
Pour l’interviewée, cette réforme constitue donc une avancée importante, même si son aboutissement définitif reste encore attendu.
Grand Bandundu, de la pacification à la réinsertion
Le volet sécuritaire occupe également une place importante dans le bilan dressé par Bibiche Landu. Elle revient notamment sur les violences ayant opposé les communautés Teke et Yaka ainsi que sur le phénomène Mobondo dans le Grand Bandundu.
Mandaté par le gouvernement, Eliezer Ntambwe a conduit plusieurs démarches visant à favoriser la reddition des miliciens et leur adhésion au processus de paix. En janvier 2026, il s’était notamment rendu à Kwamouth à la tête d’une mission de pacification destinée à encourager les membres du mouvement Mobondo à déposer les armes.
En juin 2026, Eliezer Ntambwe a travaillé avec le ministre d’État chargé de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi, sur un projet commun destiné à offrir de nouvelles opportunités aux ex-Mobondo. L’idée évoquée consistait notamment à mettre en place un centre de développement agricole afin de favoriser leur réinsertion sociale et économique.
Bibiche Landu estime que cette dynamique a contribué à ramener l’espoir dans les zones concernées. Elle affirme même que «le phénomène Mobondo est terminé», estimant que la démobilisation des miliciens et les efforts de réinsertion ont permis de tourner la page d’une période particulièrement difficile.
Des cantines populaires et des projets sociaux

L’amélioration des conditions de vie des anciens combattants passe également, selon le ministre, par des initiatives sociales. Parmi elles figurent les cantines populaires et le projet de création de cités destinées aux anciens combattants.
Dès novembre 2025, Eliezer Ntambwe avait indiqué que des démarches étaient engagées avec le Service national concernant les cantines populaires. Il avait également évoqué la création de cités pour les anciens combattants, notamment en attendant le versement de leurs allocations de fin de carrière.
Sur ces initiatives, Bibiche Landu les inscrit dans une vision plus large visant à améliorer les conditions sociales des vétérans. Les données publiques disponibles ne permettent toutefois pas, à ce stade, de présenter un bilan chiffré consolidé du nombre de cantines ouvertes ou de bénéficiaires.
Les projets agricoles s’inscrivent également dans cette volonté d’offrir aux anciens combattants et aux personnes réinsérées des perspectives économiques durables. La démarche engagée autour des ex-Mobondo illustre cette orientation. Le projet discuté entre Eliezer Ntambwe et Muhindo Nzangi prévoit notamment de créer des opportunités dans le secteur agricole et de mettre à contribution des moyens de production pour accompagner la réinsertion.
Pour Landu, ces initiatives participent d’une même logique: améliorer concrètement les conditions de vie de ceux qui ont servi le pays et donner aux personnes sorties des groupes armés la possibilité de reconstruire leur vie dans un cadre pacifié.
Par ailleurs, invitée à désigner la réalisation la plus importante de cette première année, Bibiche Landu refuse d’en privilégier une seule: «Toutes ces grandes réalisations accomplies par le ministre délégué Eliezer sont importantes car elles consistent à l’amélioration des conditions de vie des anciens combattants».
Membre de l’ACR, parti politique cher à Eliezer Ntambwe, Landu assume ainsi une appréciation très favorable de l’an un du ministre. Elle estime que le ministre fait preuve de dévouement et d’efficacité sur le terrain et que ses efforts méritent d’être davantage connus du grand public.
Une deuxième année encore chargée
Pour Bibiche Landu, cette première année ne constitue cependant qu’une étape. Plusieurs chantiers restent ouverts et devraient se poursuivre au cours de la deuxième année.
Elle cite particulièrement la récupération totale du patrimoine des anciens combattants comme l’un des dossiers prioritaires. La finalisation du cadre légal et la poursuite des projets sociaux et de réinsertion figurent également parmi les défis qui restent à relever.
Au terme de cette première année, son message aux vétérans est donc celui de la confiance. Elle les encourage à continuer à faire confiance au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo à travers l’action menée par Eliezer Ntambwe Mposhi.
«Il honore leur devoir en améliorant la prise en charge, écoute leurs revendications et continue de garantir leur dignité», conclut-elle.
Entre réformes institutionnelles, action sociale, récupération du patrimoine et implication dans le processus de pacification du Grand Bandundu, le bilan présenté par Bibiche Landu dessine ainsi l’image d’un ministère qui cherche à passer d’une logique de prise en charge ponctuelle à une politique plus structurée en faveur des anciens combattants. La deuxième année sera surtout celle de la concrétisation des chantiers encore en cours.

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