28/04/2026

Le Regard

De l’information fouillée et vérifiée

Djugu: à Joo, Kafé et Bongi, le calme sécuritaire ne fait pas taire la détresse des populations

En territoire de Djugu, dans la chefferie des Bahema Nord, les populations des localités de Joo, Kafé et Bongi tirent la sonnette d’alarme malgré une accalmie sécuritaire observée ces derniers mois.

En mission d’évaluation, l’administrateur policier Ruphin Mapela Mvinyama, accompagné du comité de sécurité et du chef de chefferie Willy Pilo Mulindro, s’est rendu dans ces entités pour s’imprégner des réalités vécues par les habitants.

Si les violences attribuées aux rebelles de la CRP de Thomas Lubanga ont sensiblement diminué, les communautés locales affirment que leurs conditions de vie restent extrêmement précaires, marquées par de graves difficultés socio-économiques.

L’absence d’infrastructures de base constitue l’une des principales préoccupations. Les structures sanitaires font défaut, obligeant les femmes enceintes à parcourir de longues distances jusqu’à Tchomia pour accoucher, tandis que le manque d’écoles compromet l’accès des enfants à l’éducation.

À cela s’ajoutent l’inexistence de marchés locaux et l’absence d’eau potable. Les habitants sont contraints de puiser l’eau du lac Albert pour leurs besoins domestiques, une situation qui les expose à des risques sanitaires importants.

Les populations dénoncent également la recrudescence des grossesses précoces, le manque de moustiquaires et l’insuffisance d’abris, certaines familles étant encore contraintes de passer la nuit à la belle étoile. Elles déplorent par ailleurs le coût élevé du transport fluvial entre Tchomia et Joo, qui peut atteindre 30 000 francs congolais pour un aller-retour.

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Face à cette situation, les communautés lancent un appel urgent à l’aide humanitaire, d’autant plus que de nombreux déplacés envisagent de regagner leurs villages. Elles saluent toutefois les efforts du gouverneur militaire de l’Ituri pour l’amélioration de la sécurité, tandis que l’administrateur du territoire promet de transmettre leurs doléances aux autorités compétentes.

Thierry Bahati