L’instruction du vice-gouverneur Jean-Jacques Elakano invitant les agents et fonctionnaires de l’État à résider à Uvira jour et nuit suscite des vives réactions au sein de la population.
Cette mesure vise, selon l’autorité provinciale, à renforcer la confiance entre l’autorité et les citoyens et à démontrer une amélioration de la situation sécuritaire dans la ville et le territoire d’Uvira.
À travers cet appel, les autorités souhaitent mettre fin à une pratique répandue : celle de nombreux agents publics qui travaillent à Uvira le jour mais passent la nuit au Burundi voisin, invoquant des raisons de sécurité.
Pour le vice-gouverneur, la présence effective et permanente des services de l’État à Uvira est un signal fort de stabilité et de proximité avec la population. Cependant, sur la toile, plusieurs internautes expriment leur inquiétude face à l’insécurité persistante.
Certains jugent difficile, voire dangereux, de se conformer à cette mesure dans un contexte marqué par des cas de banditisme armé, de pillages nocturnes et de tirs sporadiques.
«La sécurité individuelle reste une priorité. Aujourd’hui, passer la nuit à Uvira peut exposer à des risques réels », commente un internaute, évoquant la circulation d’armes et la présence de groupes armés dans la région. D’autres affirment que de nombreux agents choisissent de dormir au Burundi pour éviter les vols et les violences nocturnes.
À l’inverse, une autre frange de l’opinion soutient la démarche du vice-gouverneur. Pour ces internautes, la présence des agents de l’État à Uvira, y compris la nuit, pourrait avoir des retombées positives sur l’économie locale.
Ils estiment que le fait pour les fonctionnaires de consommer leurs revenus au Burundi: logement, alimentation, achats divers constitue une perte économique pour Uvira. « Cet argent devrait profiter aux commerçants locaux », soulignent-ils.
Sur le plan sécuritaire, ces soutiens avancent également que vivre les réalités nocturnes de la ville permettrait aux autorités de mieux comprendre les défis et d’y apporter des réponses concrètes et durables.
«S’ils restent à Uvira, ils ressentiront eux-mêmes les problèmes et agiront plus vite », estime un autre internaute. Ce débat met en lumière un enjeu plus large : celui de la crédibilité de l’État et de la gouvernance de proximité dans une zone confrontée à des défis sécuritaires complexes.
Entre impératif de sécurité personnelle et nécessité de présence institutionnelle, l’appel du vice-gouverneur ouvre une réflexion profonde sur les conditions de travail des agents publics, mais aussi sur les mesures urgentes à prendre pour rétablir durablement la sécurité et la confiance à Uvira.
Anicet Cito Binyungu
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