La déclaration de Rome de la Coalition Article 64 -C64-, rendue publique mardi 27 octobre 2026, continue de susciter des réactions au sein de l’opposition congolaise. Dans une lecture politique de cette prise de position, le professeur Valentin Tumbwa Mangwamba, secrétaire national de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement -ECiDé- chargé de l’Éducation nationale, met en avant le refus de la C64 de se laisser enfermer dans une alternative entre le camp de Félix Tshisekedi et celui de Joseph Kabila et du Front de résistance nationale -FRN-. Selon lui, l’enjeu de cette déclaration est de préserver une voie politique autonome, centrée sur la recherche d’une solution à la crise congolaise.
Pour Valentin Tumbwa, le principal mérite de la déclaration réside dans sa capacité à déjouer ce qu’il présente comme un piège politique tendu par deux camps rivaux. D’après son analyse, le pouvoir aurait voulu assimiler toute opposition à sa ligne à un soutien à la rébellion, tandis que le camp Kabila et le FRN auraient cherché à présenter la C64 comme complice du projet de troisième mandat si elle ne se ralliait pas à leur position.
Face à cette alternative, le responsable de l’ECiDé estime que la plateforme a choisi de ne cautionner aucun des deux scénarios. Il y voit une volonté de défendre une position indépendante, sans renoncer à la recherche d’une issue politique négociée.
Cette posture repose, selon lui, sur une distinction essentielle entre le soutien à une alliance politique et l’encouragement à la désescalade. Le professeur Tumbwa Mangwamba considère qu’il serait irresponsable de condamner par principe une éventuelle rencontre entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila si celle-ci pouvait contribuer à faire baisser les tensions et à mettre fin aux violences.
Il pose toutefois une limite claire : une concertation destinée à réduire les affrontements et à préserver la vie des Congolais ne saurait être assimilée à un accord visant à se partager le pouvoir ou les ressources du pays. Dans cette perspective, il estime que toute démarche de rapprochement doit être appréciée à l’aune de ses résultats pour la population et du respect des principes républicains.
L’analyse du secrétaire national de l’ECiDé repose ensuite sur trois conditions. La première est sécuritaire : obtenir une désescalade susceptible de favoriser un cessez-le-feu dans l’Est du pays, alors que les initiatives diplomatiques, notamment celle de Doha, sont jugées insuffisantes par l’intéressé. La deuxième est constitutionnelle : rejeter à la fois la conquête du pouvoir par les armes et toute tentative de se maintenir au pouvoir par une modification de la Constitution.
Pour lui, aucune de ces deux pratiques ne peut justifier l’autre. La troisième est politique : démontrer que la crise congolaise, malgré ses dimensions régionales et ses tensions identitaires, peut trouver une issue dans la concertation entre les acteurs nationaux. Une rencontre entre protagonistes ne présenterait donc un intérêt réel que si elle débouchait sur des engagements concrets en faveur de la paix, de l’ordre constitutionnel et de la stabilité.
Enfin, Valentin Tumbwa Mangwamba invite à ne pas limiter la portée de la déclaration de Rome à la seule perspective d’un rapprochement entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila. Il attire l’attention sur ce qu’il considère comme son volet stratégique, notamment l’intensification des contacts politiques et l’envoi de correspondances officielles aux partenaires de la RDC pour plaider en faveur d’une solution durable et négociée.
Cette démarche traduirait, selon lui, la volonté de la C64 de préparer le terrain diplomatique en vue d’un véritable dialogue national inclusif. Reste désormais à mesurer la portée de cette initiative à travers les réactions des personnalités concernées, l’implication des partenaires et, surtout, la capacité des démarches annoncées à produire des avancées concrètes pour la paix et la cohésion nationale.
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