30/10/2026

Le Regard

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ESU: Marie-Thérèse Sombo sous pression des députés, les chefs d’établissements universitaires alertent Tshisekedi sur l’instrumentalisation politique

La Conférence des chefs d’établissements de l’Enseignement supérieur et universitaire s’oppose à toute démarche susceptible de fragiliser l’autorité de tutelle du secteur, dans un contexte marqué par des pressions politiques en faveur du départ de la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation -ESURSI-, la Professeure Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna.

Cette structure met en garde contre les risques d’instrumentalisation politique de l’université congolaise et plaide pour la préservation de la stabilité institutionnelle, indispensable à la poursuite des réformes déjà engagées.

Cette prise de position, exprimée dans un communiqué officiel publié mardi 27 octobre, intervient alors que des députés nationaux ont entrepris une démarche visant à obtenir le départ de la ministre, ouvrant ainsi un front de tension entre les initiatives parlementaires et les préoccupations exprimées par les responsables des établissements universitaires.

Pour la Conférence, les enjeux de l’enseignement supérieur dépassent les rivalités politiques et ne devraient pas servir de terrain aux rapports de force.

Sans remettre en cause les prérogatives constitutionnelles de l’Assemblée nationale, son message invite les élus à mesurer les conséquences de leurs initiatives sur la gouvernance du secteur et sur la continuité de l’action publique.

Au cœur de cette préoccupation figure notamment la consolidation du système Licence-Master-Doctorat -LMD-, l’une des réformes majeures de la modernisation de l’enseignement supérieur en République démocratique du Congo.

Selon les chefs d’établissements, l’aboutissement de ce processus exige une stabilité institutionnelle, une continuité dans la conduite des politiques publiques et une mobilisation de l’ensemble de la communauté universitaire.

La remise en cause de l’autorité ministérielle dans un climat d’agitation politique pourrait, préviennent-ils, compromettre les acquis enregistrés et perturber le déroulement de l’année académique 2026-2027, qui vient à peine de commencer.

En appelant l’Assemblée nationale, le Gouvernement et le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en sa qualité de Grand Chancelier des universités et instituts supérieurs, à veiller à la stabilité du secteur, la Conférence plaide ainsi pour une approche privilégiant l’intérêt général.

Son communiqué constitue un soutien à la continuité de l’action de la Professeure Marie-Thérèse Sombo, dont l’autorité est présentée comme un élément important dans la poursuite des réformes universitaires.

Pour les responsables académiques, l’avenir de la jeunesse estudiantine ne saurait être exposé aux conséquences de calculs politiques, alors que les universités congolaises restent confrontées à d’importants défis de modernisation et de gouvernance.

René Kanzuku