Bénéficiaire de la gratuité de l’enseignement primaire, l’École primaire Dzidda, située dans le secteur des Walendu Djatsi, territoire de Djugu, en Ituri, fait face à une situation particulièrement difficile.
Malgré la prise en charge de ses enseignants par le gouvernement, cet établissement public fonctionne dans des conditions précaires, après les destructions causées par les incursions des groupes armés.
Créée en 1994, l’EP Dzidda était autrefois un établissement de référence, doté de bâtiments bien construits et de matériel didactique fourni par l’État. Mais les violences armées ont profondément bouleversé son fonctionnement. Selon des enseignants rencontrés sur place, plusieurs manuels scolaires ont été emportés lors des différentes incursions, tandis que les infrastructures ont été saccagées.
«Nous restons avec quelques livres seulement, ceux que nous avions pu emporter en fuyant jusqu’à Jitso, près de Gbakalu. Même les bâtiments que nous avions construits ont été saccagés. Maintenant, nous enseignons dans les chaumières que vous voyez ici», témoigne un enseignant, visiblement désemparé.
Face à cette situation, le personnel enseignant lance un appel aux autorités nationales et provinciales pour une intervention urgente. « Actuellement, le gouvernement ne nous a rien remis. Nous demandons au gouvernement central et provincial de songer à nous », plaide cet enseignant.
Sur place, les cours se déroulent désormais sous des huttes de paille, sans bancs ni tableau noir adéquat. Les élèves sont contraints de s’asseoir à même le sol pour suivre les enseignements. Cette précarité compromet les conditions d’apprentissage de plusieurs centaines d’enfants dans cette partie du territoire de Djugu, qui tente de se relever après des années de violences intercommunautaires.
Thierry Bahati Rafiki
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