31/10/2026

Le Regard

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Le GAFI retire officiellement la RDC de sa liste grise après quatre ans de réformes

La République démocratique du Congo est officiellement retirée de la liste grise du Groupe d’action financière -GAFI-. L’annonce a été faite ce vendredi 30 octobre 2026 par cette organisation internationale, à l’issue de sa plénière tenue à Paris, en France.

Cette décision consacre les progrès réalisés par le pays dans le renforcement de son dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive.

La RDC met ainsi fin à quatre années de surveillance renforcée, après son inscription sur cette liste en octobre 2022, en raison de plusieurs insuffisances relevées dans son système de contrôle financier.

Pour parvenir à ce résultat, les autorités congolaises ont engagé un vaste programme de réformes destiné à répondre aux exigences du GAFI. Sous l’impulsion du président Félix-Antoine Tshisekedi, un plan d’action comprenant 23 mesures a été mis en œuvre, avec la Cellule nationale des renseignements financiers -CENAREF-, placée sous la tutelle du ministère des Finances, au centre du dispositif.

Selon les données présentées par le ministre des Finances, Doudou Fwamba, devant le Conseil des ministres en mai 2026, cinq mesures sur les 23 avaient déjà été réalisées à l’arrivée du gouvernement Suminwa en 2024. Entre juillet 2024 et janvier 2026, les autorités ont exécuté les 18 mesures restantes, portant le taux de réalisation du plan à 100 %.

Les réformes ont notamment porté sur le renforcement du cadre juridique et réglementaire, l’amélioration de la surveillance des institutions financières et des professions assujetties, le renforcement des capacités opérationnelles de la CENAREF et des services d’enquête, ainsi que l’intensification des poursuites et des mécanismes de confiscation des avoirs issus d’activités criminelles.

La révision du cadre légal de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, promulguée le 1er juillet 2025, figure également parmi les avancées importantes.

Le pays a, par ailleurs, renforcé sa coopération internationale à travers son adhésion au Groupe de lutte contre le blanchiment d’argent en Afrique orientale et australe -ESAAMLG- et son rapprochement avec le Groupe Egmont.

Une étape décisive a été franchie en juin 2026, lorsque le GAFI a reconnu que la RDC avait substantiellement achevé son plan d’action, ouvrant ainsi la voie à une évaluation sur place.

En septembre dernier, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, accompagné du ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa, avait lancé les travaux préparatoires à la mission des experts du GAFI à Kinshasa.

Il s’agissait notamment de permettre aux institutions concernées, aux autorités d’enquête et aux instances judiciaires de présenter les preuves concrètes de l’application et de la pérennisation des réformes engagées.

Au total, dix rapports de progrès ont été produits dans le cadre du processus, avant la validation des avancées par une mission d’évaluation du GAFI en septembre 2026.

Ce retrait constitue un enjeu important pour l’économie congolaise. Il devrait contribuer à renforcer la confiance des investisseurs et des partenaires financiers internationaux, faciliter les relations avec les banques correspondantes et réduire progressivement la perception des risques associés aux transactions financières avec la RDC.

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Le gouvernement congolais entend néanmoins poursuivre les réformes afin de consolider les acquis, renforcer la transparence financière et intensifier la lutte contre les flux financiers illicites. Au-delà de la sortie de la liste grise, le défi reste désormais de garantir l’application durable des mécanismes mis en place.

René Kanzuku