«Pourquoi veux-tu aller en Europe, viens expliquer tes mensonges», lance Tshisekedi sur Prince Epenge. Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a rejeté les accusations selon lesquelles le militant Manassé Lomboto aurait été assassiné lors de la marche organisée le 15 septembre 2026 à Kinshasa par la Coalition Article 64 -C64-.
Selon le chef de l’État, le décès de ce militant serait plutôt lié à une maladie. Il a ainsi qualifié de «faux bruits» les déclarations de l’opposant Prince Epenge, qui soutient la thèse d’un assassinat.
Ces propos interviennent dans un contexte de tensions autour de l’interpellation de Prince Epenge, président de l’ADD Congo et figure de l’opposition, cueilli dimanche dernier à l’aéroport international de N’djili, alors qu’il s’apprêtait à se rendre en Europe.
Cette interpellation est intervenue après ses prises de position sur la mort de son garde du corps Manassé Lomboto.
Le Chef de l’État s’exprimait le vendredi 30 octobre 2026 à Moscou, en Russie, lors d’un échange avec la diaspora congolaise, en marge de sa participation au sommet Russie-Afrique.
Il a notamment défendu son bilan en matière de droits humains, alors que son pouvoir est régulièrement accusé par ses adversaires politiques de dérive autoritaire.
Rejetant les qualificatifs de «dictateur» et de «tyran», Félix Tshisekedi a comparé sa gouvernance à celle de son prédécesseur, Joseph Kabila, qu’il a accusé d’avoir été responsable de violences meurtrières contre des manifestants, notamment dans des lieux de culte.
Concernant Manassé Lomboto, le Président a soutenu que son décès ne résultait pas des violences dénoncées par l’opposition. Il a également justifié l’interpellation de Prince Epenge, estimant que celui-ci devait répondre de ses déclarations devant les autorités compétentes.
L’opposant avait été intercepté le 25 octobre à l’aéroport international de N’djili, alors qu’il s’apprêtait à rejoindre Rome pour participer à une rencontre de la coalition C64. Il est poursuivi pour propagation de faux bruits dans cette affaire et a été transféré à la prison centrale de Makala le 31 octobre.
Pour rappel, Manassé Lomboto, membre de l’ADD Congo et chargé de la sécurité de Prince Epenge, est décédé le 15 septembre 2026, après la marche de l’opposition organisée par la coalition C64 contre toute initiative de révision ou de changement de la Constitution.
Prince Epenge avait affirmé que son collaborateur avait été agressé par des hommes armés devant le siège de l’UDPS, à Limete, avant de succomber à ses blessures à l’hôpital.
L’opposition avait dénoncé des violences impliquant des membres présumés de la Force du progrès et réclamé une enquête indépendante. Ces accusations restent au cœur de la controverse.
Ainsi, les déclarations de Félix Tshisekedi à Moscou donnent une dimension supplémentaire à une affaire désormais au croisement de la confrontation politique et judiciaire.
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Entre la version présidentielle évoquant une mort liée à une maladie et celle de l’opposition dénonçant une agression mortelle, l’établissement des circonstances exactes du décès de Manassé Lomboto demeure un enjeu majeur.
Hervie Kiala
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