Six jours après les réserves exprimées par Félix Tshisekedi sur la Constitution congolaise, le Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs -GCI- en rappelle l’obligation de respect, dans une déclaration publiée le 30 octobre 2026.
Le contraste est saisissant. Le 24 octobre 2026, devant les députés nationaux et sénateurs membres de l’Union sacrée de la Nation -USN-, réunis à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a exprimé ouvertement son désamour pour la Constitution en vigueur.
«Cette Constitution, je ne l’aime pas, et vous le savez», avait-il déclaré, avant de renvoyer à sa famille politique la responsabilité de décider de son éventuelle modification.
Six jours plus tard, le 30 octobre, le Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs -GCI- a, dans une déclaration consacrée à la situation politique et sécuritaire en RDC, insisté sur la nécessité pour toutes les parties de respecter l’État de droit et la Constitution de la République démocratique du Congo.
Dans cette prise de position, les onze partenaires internationaux ne se limitent pas à une observation institutionnelle. Ils rejettent catégoriquement la poursuite d’objectifs politiques par le recours à la violence, en faisant explicitement référence au Front pour la Refondation de la Nation -FRN-, récemment créé par l’ancien président Joseph Kabila.
Pour le GCI, les divergences politiques et les revendications ne peuvent être résolues par des moyens militaires. Une position qui intervient dans un contexte de recomposition des forces politiques et de persistance des tensions sécuritaires dans l’Est du pays.
Sous la présidence française, le GCI, composé de l’Allemagne, de la Belgique, du Canada, du Danemark, des États-Unis, de la France, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, de la Suède, de la Suisse et de l’Union européenne, réaffirme également son attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la RDC.
Au-delà de ce rappel, il place le dialogue intercongolais pacifique et inclusif au centre de la recherche d’une paix durable, avec la participation de toutes les principales parties prenantes. Il estime que le respect des droits fondamentaux et de l’État de droit demeure indispensable pour permettre aux partis politiques et aux organisations de la société civile d’exercer librement leurs responsabilités.
Sur le terrain diplomatique, les partenaires internationaux encouragent les parties aux accords de Washington et à l’Accord-cadre de Doha à maintenir leurs engagements et à agir de bonne foi pour parvenir à un règlement durable du conflit.
Ils soutiennent les efforts des médiateurs, notamment ceux de l’Union africaine, conduits sous le leadership du président du Conseil de la République togolaise. Le GCI salue également la récente visite des co-facilitateurs dans la région et souligne l’importance du leadership régional dans la recherche d’une solution à la crise.
La persistance des combats dans l’Est du pays reste, par ailleurs, une source de profonde préoccupation. Le GCI déplore les souffrances imposées aux populations civiles et exhorte les protagonistes à respecter le cessez-le-feu convenu à Doha le 19 juillet 2025. Il attire particulièrement l’attention sur l’utilisation croissante des drones, dont les conséquences sont graves pour les civils et les travailleurs humanitaires.
Le groupe rappelle également les exigences de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment la fin du soutien des Forces de défense rwandaises au M23, leur retrait immédiat et sans condition du territoire congolais, le démantèlement des administrations parallèles illégitimes ainsi que la neutralisation des FDLR.
Sur ce dernier point, il renvoie à sa déclaration d’août et encourage le gouvernement congolais à présenter un plan d’action clair, assorti d’un calendrier précis, pour accélérer la mise en œuvre du protocole de désarmement, de démobilisation et de réintégration des éléments des FDLR.
Enfin, face à l’accroissement des besoins humanitaires et à l’épidémie d’Ebola, le GCI appelle toutes les parties, y compris les groupes armés, à respecter le droit international humanitaire et à garantir un accès total, sûr et sans entrave aux acteurs humanitaires auprès des populations dans le besoin.
Entre la déclaration présidentielle du 24 octobre et le rappel diplomatique du 30 octobre, la Constitution congolaise se retrouve ainsi au croisement de deux prises de position distinctes.
D’un côté, le Chef de l’État exprime son insatisfaction à l’égard du texte fondamental et évoque la responsabilité de sa majorité quant à son éventuelle modification.
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De l’autre, les partenaires internationaux rappellent l’obligation de respecter la Constitution et l’État de droit.
Une juxtaposition qui remet au premier plan la question de la stabilité institutionnelle, alors que le pays reste confronté à des défis politiques, sécuritaires et diplomatiques majeurs.
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