De Bagira, dans la ville de Bukavu, à Providence, aux États-Unis, Aline Binyungu Shabani et son époux Clément Shabani ont construit un parcours marqué par l’engagement social, la solidarité et l’accompagnement des personnes vulnérables.
Originaires de la République démocratique du Congo, ces deux travailleurs sociaux, formés aux droits humains, ont quitté leur pays en 2006, sans pour autant rompre les liens avec leur communauté d’origine.
À Bagira, leur passage a été marqué par plusieurs initiatives sociales et communautaires destinées à contribuer au développement local. Même établis à l’étranger, ils continuent de s’intéresser aux réalités de leur milieu d’origine.
À travers le soutien aux initiatives locales et la mobilisation des ressortissants de Bagira vivant à l’étranger, le couple participe à la recherche de financements pour des projets susceptibles d’améliorer les conditions de vie de la population.
Mais leur engagement ne se limite pas à leur pays natal. Ayant eux-mêmes connu les difficultés liées à l’exil et à l’adaptation dans un nouvel environnement, Aline et Clément Shabani ont décidé de mettre leur expérience au service d’autres migrants.
C’est dans cette perspective qu’ils ont créé Women’s Refugee Care -WRC-, une organisation consacrée à l’accueil et à l’accompagnement des migrants et réfugiés africains aux États-Unis. Aline Binyungu Shabani en assure la direction en qualité de directrice générale -CEO-, tandis que Clément Shabani en est le cofondateur.
L’organisation propose un accompagnement qui va au-delà du simple accueil des nouveaux arrivants. De leur arrivée à l’aéroport à leur installation dans leur nouveau milieu de vie, les bénéficiaires peuvent compter sur un encadrement comprenant notamment les visites à domicile, l’orientation vers des solutions de logement, l’accès à l’éducation ainsi que l’assistance alimentaire.
L’objectif est de faciliter leur intégration et de leur permettre de retrouver progressivement une stabilité dans leur nouvelle société.
Une attention particulière est également accordée à l’autonomisation des femmes, à la promotion de leurs droits et à l’égalité des genres.
À travers des initiatives telles que les cercles d’émancipation organisés le vendredi et des ateliers de formation technique, Women’s Refugee Care entend offrir aux femmes migrantes un cadre d’expression, d’apprentissage et de reconstruction personnelle.
Ces espaces permettent aussi d’apporter un soutien psychologique aux personnes confrontées aux traumatismes et aux difficultés liés à la migration.
À travers ce double engagement, aux États-Unis comme en République démocratique du Congo, Aline et Clément Shabani illustrent une autre manière de vivre la diaspora : celle qui consiste à réussir son intégration dans le pays d’accueil sans abandonner ses responsabilités envers sa communauté d’origine.
Leur parcours rappelle que l’expérience de l’exil peut également devenir un levier de solidarité, d’entraide et de transformation sociale.
Anicet Cito
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