Journalistes, responsables des médias et acteurs de la société civile se sont réunis lundi 02 novembre 2026 à l’Hôtel Memling, dans la commune de la Gombe, à Kinshasa, à l’occasion de la présentation du rapport annuel 2026 de Journaliste en danger -JED-.
Intitulé «Rumeurs, légendes et complotisme sur Ebola: les médias sous pression face au virus de la désinformation», ce document examine les difficultés rencontrées par les médias congolais dans la couverture de la crise sanitaire liée à Ebola, dans un contexte marqué par la circulation de fausses informations et les atteintes à la liberté de la presse.

À travers ce rapport, JED met en évidence les conséquences de la désinformation sur la riposte contre Ebola. Les rumeurs et les théories du complot alimentent la méfiance envers les structures sanitaires et les équipes médicales, compliquant ainsi les efforts de prévention et de prise en charge.
Le document souligne toutefois que cette défiance ne peut être attribuée uniquement à la désinformation, puisqu’elle s’inscrit également dans un contexte marqué par les difficultés d’accès aux soins, la pauvreté, les violences et la perte de confiance envers certaines institutions.
Face à cette situation, l’organisation insiste sur la nécessité d’une information rigoureuse, vérifiée et responsable. Prenant la parole au cours de la cérémonie, le Secrétaire général de JED, Tshivis Tshivuadi, a rappelé les responsabilités qui incombent aussi bien aux médias qu’aux autorités.
«Nous voulons rappeler les responsabilités des médias. Nous demandons la rigueur et le respect. Aux autorités, nous demandons la transparence. Un journaliste en sécurité, c’est une République forte», a-t-il déclaré.

Le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, absent à cette rencontre, était représenté par son Directeur de cabinet, qui a lu son message. Le ministre y a notamment invité JED à «accorder une attention particulière aux atteintes à la liberté de la presse dans l’Est du pays», tout en exhortant les journalistes à « renforcer la dimension préventive».
Ce membre du gouvernement de la République a également rappelé que «la liberté de la presse s’exerce dans le respect des lois du pays, de l’éthique et de la déontologie».
À l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, JED a ainsi remis au centre du débat la question de la protection des professionnels des médias et de leur indépendance.
L’organisation plaide notamment pour des mécanismes efficaces de protection des journalistes, un meilleur accès à l’information publique et davantage de transparence dans le traitement des affaires liées aux atteintes à la liberté de la presse.
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Elle rappelle enfin que la lutte contre la désinformation ne doit pas servir de prétexte à la censure ou à la restriction de la liberté d’expression. Pour JED, la crédibilité de l’information et la sécurité des journalistes demeurent des conditions essentielles au bon fonctionnement de la démocratie.
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