17/10/2026

Le Regard

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BRICS 2026: les puissances émergentes veulent peser davantage sur les affaires du monde

Le 18ème sommet des BRICS s’est achevé dimanche 13 septembre à New Delhi, en Inde sur une volonté affichée de renforcer le poids politique et économique du groupe dans un contexte international marqué par plusieurs foyers de tension. Réunis autour du Premier ministre indien Narendra Modi, les dirigeants des pays membres ont adopté une déclaration commune mettant notamment l’accent sur la diplomatie, la coopération multilatérale et la nécessité de préserver la stabilité mondiale.

L’édition 2026 du sommet intervient alors que les BRICS ont considérablement élargi leur représentation. Le groupe rassemble désormais onze membres et pèse près de la moitié de la population mondiale, ce qui lui confère un poids démographique et économique important.

À New Delhi, les discussions ont porté aussi bien sur les tensions géopolitiques que sur le commerce, les paiements internationaux, l’énergie, la sécurité alimentaire, les technologies et l’intelligence artificielle.

La guerre en Ukraine figurait parmi les sujets sensibles du sommet, même si les positions des membres des BRICS restent différentes. La présence du président russe Vladimir Poutine, aux côtés notamment de Narendra Modi et du président chinois Xi Jinping, a donné une dimension diplomatique particulière aux échanges. Moscou affirme par ailleurs que les dirigeants indien et chinois ont fait part de leur disponibilité à contribuer aux efforts visant à favoriser une issue au conflit.

New Delhi conserve, de son côté, une position d’équilibre. L’Inde entretient des relations étroites avec la Russie tout en développant ses liens avec les puissances occidentales. Avant le sommet, Narendra Modi et Vladimir Poutine avaient discuté de coopération économique, énergétique et stratégique, ainsi que des conséquences de la guerre en Ukraine sur les échanges internationaux.

Au-delà des conflits, le sommet a surtout illustré l’ambition des BRICS de consolider leur coopération économique. Les dirigeants ont défendu une plus grande utilisation des monnaies nationales dans les échanges et le renforcement des systèmes de paiement transfrontaliers, sans toutefois franchir le pas vers la création d’une monnaie commune.

La Chine a également proposé plusieurs initiatives destinées à approfondir la coopération du bloc dans des secteurs comme l’intelligence artificielle, le commerce des services et les investissements. Pékin souhaite notamment faire des BRICS élargis un espace économique davantage intégré et capable de peser sur les grandes orientations de l’économie mondiale.

Mais derrière cette dynamique, les divergences demeurent. Les BRICS réunissent des États aux intérêts parfois concurrents, notamment la Chine et l’Inde, qui cherchent chacune à renforcer leur influence. Cette diversité constitue à la fois la principale force du groupe et l’un de ses défis : transformer son poids collectif en décisions concrètes sans effacer les intérêts nationaux de ses membres.

À New Delhi, le message aura donc été moins celui d’un bloc homogène que celui d’un ensemble de puissances émergentes décidées à disposer d’une voix plus importante dans la gouvernance mondiale.

René Kanzuku