13/07/2026

Le Regard

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Dénonçant «une repression sanglante du sit-in», Mukwege appelle à une mobilisation nationale et internationale contre «un coup d’Etat constitutionnel»

La violente dispersion d’un sit-in pacifique organisé le vendredi 12 juin 2026 par la Coalition Article 64 de l’opposition sur l’esplanade du Palais du Peuple à Kinshasa suscite une vive indignation. Cette mobilisation visait à dénoncer un projet de révision constitutionnelle qui, selon les opposants, ouvrirait la voie à un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi. «La répression sanglante» de cette manifestation a fait plusieurs victimes et blessés, des leaders politiques pointant du doigt l’implication conjointe des forces de sécurité et de milices du parti présidentiel. Face à ce climat de terreur, le Prix Nobel de la paix Dr. Denis Mukwege dénonce une grave dérive dictatoriale et appellent à une mobilisation internationale pour éviter un coup d’État institutionnel en République démocratique du Congo.

Texte du Dr. Denis Mukwege :

Je condamne avec la plus grande fermeté la répression sanglante du sit-in pacifique de l’opposition sur l’esplanade du Palais du Peuple à Kinshasa, en République Démocratique du Congo. Ce rassemblement avait pour but de porter la voix du refus populaire face au projet de changement de la Constitution visant à octroyer un troisième mandat au président congolais Félix Tshisekedi.

Il est inacceptable que le régime de Kinshasa mobilise et instrumentalise l’armée, la police et une milice privée du parti présidentiel, la sinistre « Force du progrès », pour tirer sur des citoyens et brutaliser des leaders de l’opposition. Ce déploiement de violence illégitime illustre un rétrécissement de l’espace civique et politique dans un climat de répression et d’intimidation à l’encontre des organisations de la société civile, des défenseurs des droits humains et des dirigeants de l’opposition.

Martin Fayulu blessé à la tête lors du sit-in de ce vendredi 12 juin 2026 sur le boulevard Triomphal.

Cette politique de répression et de musèlement de l’opposition rappelle à la population congolaise et à la communauté internationale les heures sombres de la fin du régime de Joseph Kabila, il y a une dizaine d’années.

Face à cette dérive dictatoriale qui s’aggrave chaque jour en RDC, j’en appelle solennellement à une mobilisation nationale et internationale pour prévenir un coup d’Etat constitutionnel en gestation qui ne fera qu’empirer la situation déjà dramatique de la Nation congolaise.