05/10/2026

Le Regard

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Droits humains en RDC: James Swan alerte sur la persistance des violences dans l’Est

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en République démocratique du Congo, James Swan, a dressé un tableau toujours préoccupant de la situation des droits humains dans le pays, tout en saluant les avancées enregistrées dans les efforts de paix, la lutte contre l’impunité et la justice transitionnelle.

Devant le Conseil des droits de l’homme, James Swan a estimé que la situation demeure « profondément préoccupante », particulièrement dans l’est de la RDC, où les populations civiles continuent de subir les conséquences d’un conflit prolongé. Atteintes au droit à la vie et à l’intégrité physique, violences sexuelles liées aux conflits, enlèvements, recrutement d’enfants et déplacements forcés continuent, selon lui, d’affecter les communautés. Le Représentant spécial a insisté sur la nécessité de ne jamais considérer ces violences comme une situation « normale ou inévitable ».

Dans ce contexte, le chef de la MONUSCO a néanmoins relevé certains signes encourageants sur le front de la paix. Il a notamment salué le déploiement des premières missions de vérification du cessez-le-feu, qu’il considère comme une étape positive, malgré la fragilité persistante de ces avancées. James Swan a également encouragé les efforts en faveur d’un dialogue intercongolais inclusif, estimant que la paix doit reposer sur l’écoute, la participation et la confiance, dans un espace civique respectueux des libertés fondamentales.

Sur le volet judiciaire, le responsable onusien a reconnu des progrès dans la lutte contre l’impunité. Avec l’appui des Nations unies et de partenaires, les autorités congolaises poursuivent des initiatives destinées à renforcer la justice et l’accompagnement des victimes. Des survivantes de violences sexuelles ont notamment bénéficié d’une assistance juridique et psychosociale, tandis que des magistrats, journalistes et défenseurs des droits humains ont bénéficié de mesures de protection. Pour James Swan, ces acquis doivent toutefois être consolidés par des enquêtes crédibles, des poursuites impartiales et un renforcement durable des institutions chargées de protéger les droits humains.

La justice transitionnelle constitue également, à ses yeux, un autre chantier important. Des consultations menées dans plusieurs provinces permettent aux victimes de faire entendre leur voix et de participer à la réflexion sur la vérité, la justice, les réparations et les garanties de non-répétition. James Swan a, par ailleurs, souligné l’importance d’une gouvernance responsable des ressources naturelles, estimant que les richesses minières de la RDC doivent contribuer à la paix, au développement durable et au respect des droits humains.

Malgré ces avancées, le Représentant spécial a appelé à maintenir les efforts, rappelant que les violences persistent et que les besoins humanitaires restent considérables. Il a également évoqué les urgences sanitaires qui fragilisent davantage les populations affectées par les conflits, citant notamment l’épidémie d’Ebola et la persistance du choléra dans certaines zones.

James Swan a par ailleurs appelé les autorités congolaises à approfondir leurs efforts pour protéger les civils, préserver l’espace civique et renforcer l’État de droit. Il a également exhorté les partenaires internationaux à maintenir leur soutien politique, technique et financier en faveur de la paix en RDC.

Pour le chef de la MONUSCO, les droits humains ne doivent pas être considérés comme une conséquence de la paix, mais comme l’une de ses conditions essentielles : une paix qui ne protège pas les civils, laisse les victimes sans justice ou ne respecte pas leur dignité demeure nécessairement fragile et incomplète.

René Kanzuku