Dans une tribune consacrée au bras de fer opposant l’artiste Fally Ipupa à la journaliste Virginie Manganga, le journaliste congolais Joël Baengele Irenge appelle la star de la musique congolaise à la prudence. Selon lui, le différend judiciaire ne devrait pas se transformer en confrontation plus large avec l’ensemble de la presse.
Pour Joël Baengele, Fally Ipupa est en train de prendre «une erreur stratégique» dans sa relation avec les médias congolais. Dans sa tribune, le journaliste reconnaît à l’artiste le droit de défendre son honneur, sa vie privée et ses intérêts devant la justice. Mais il estime qu’il existe une différence entre exercer ce droit et engager un affrontement avec toute une profession.
L’implication publique de l’entourage de l’artiste, notamment à travers la conférence de presse de son avocate, Me Dorothée Madiya, aurait ainsi contribué, selon lui, à donner à cette affaire une dimension dépassant le seul cadre judiciaire.
Le journaliste Baengele Irenge insiste particulièrement sur la différence entre le soutien populaire dont bénéficie l’artiste et le rôle de la presse. Les millions de fans de l’artiste peuvent prendre sa défense sur les réseaux sociaux, réagir aux critiques ou soutenir leur idole. Mais, rappelle-t-il, «les fans défendent leur idole; les journalistes, eux, ont pour mission de questionner, d’enquêter et de critiquer».
Dans cette logique, l’auteur estime qu’une personnalité aussi populaire que Fally Ipupa ne peut pas espérer contrôler le traitement médiatique qui lui est réservé. «Une star peut contrôler son compte Instagram. Elle ne contrôle pas les rédactions», écrit-il, considérant qu’un conflit durable avec les médias pourrait produire des conséquences plus importantes qu’une polémique momentanée sur les réseaux sociaux.
Le risque d’un récit qui échappe à l’artiste
Le journaliste met également en garde contre l’influence de l’entourage de l’artiste et contre la perception que peuvent créer les réseaux sociaux. Selon lui, une conférence de presse destinée aux médias implique nécessairement d’accepter les questions, les contradictions et les désaccords des journalistes. Il invite également Fally Ipupa à ne pas confondre l’activité numérique de ses admirateurs avec une mesure de l’opinion publique dans son ensemble.
Pour Joël Baengele, le principal risque pour l’artiste ne serait donc pas uniquement le dossier qui l’oppose à Virginie Manganga, mais le récit médiatique susceptible de se construire autour de cette confrontation. À ses yeux, en cherchant à protéger son image, Fally Ipupa pourrait paradoxalement contribuer à alimenter une controverse susceptible de l’affecter davantage.
Tout en reconnaissant à Fally Ipupa le droit de recourir à la justice lorsqu’il estime que ses droits sont violés, Joël Baengele l’exhorte à privilégier les voies judiciaires et à éviter de transformer chaque désaccord en conflit avec la presse.
«Une grande star sait choisir ses batailles», soutient-il, estimant que la notoriété, l’argent, les millions d’abonnés et le soutien des fans ne permettent pas de maîtriser durablement la mémoire médiatique.
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Le journaliste a, dans ce sens, formulé une mise en garde particulièrement forte: Fally Ipupa pourrait remporter une bataille judiciaire tout en perdant, à plus long terme, une bataille d’image s’il venait à installer durablement la presse congolaise dans le rôle d’un adversaire. «Il ne creuse peut-être pas sa tombe artistique. Mais médiatiquement, il tient déjà la pelle», conclut Joël Baengele.
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