18/08/2026

Le Regard

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Ebola: l’UNICEF révèle une baisse alarmante des soins de santé et de la vaccination des enfants en Ituri

L’UNICEF tire la sonnette d’alarme sur les conséquences indirectes de l’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo. Dans un communiqué publié ce jeudi 6 août 2026 parvenu à notre rédaction, l’agence onusienne révèle qu’au-delà des centaines de décès enregistrés chez les enfants, la peur de la contamination et les perturbations des services de santé éloignent les familles des centres médicaux.

Entre avril et juin 2026, le recours aux soins essentiels a chuté de 42 % dans les principaux foyers de l’épidémie, notamment à Bunia, Mongbwalu, Nizi et Rwampara, tandis qu’il a reculé de 13 % à l’échelle de la province de l’Ituri. La vaccination des enfants et les accouchements en milieu hospitalier figurent parmi les services les plus affectés.

Selon John Agbor, représentant de l’UNICEF en RDC, certains établissements de santé qui accueillaient près de 500 patients par mois avant l’épidémie ne reçoivent aujourd’hui presque plus de malades.

Les données de l’UNICEF montrent également une baisse spectaculaire de la vaccination de routine, avec une diminution de 69 % de l’administration de la première dose du vaccin contre la rougeole à Mongbwalu, épicentre de l’épidémie.

Plus de 23.000 doses de vaccins n’ont pas été administrées aux enfants entre mai et juin par rapport au mois d’avril. Les services de santé maternelle sont eux aussi gravement touchés, les accouchements assistés ayant diminué jusqu’à 70 % dans certaines zones.

Cette situation intervient alors que l’épidémie continue de faire de nombreuses victimes parmi les plus jeunes. Au 2 août 2026, 743 cas confirmés et 330 décès avaient été recensés chez les enfants de 0 à 17 ans. Les moins de cinq ans restent les plus vulnérables, avec un taux de létalité supérieur à 60 %, soit plus du double de celui observé chez les adultes.

Face à cette crise, l’UNICEF, en collaboration avec le ministère de la Santé, l’OMS et Africa CDC, affirme avoir déployé près de 13 000 acteurs communautaires, sensibilisé plus de 2,4 millions de personnes et réalisé plus de 505.000 visites à domicile pour renforcer la prévention et la détection précoce de la maladie.

L’organisation indique également avoir soutenu plus de 21 000 personnes sur le plan psychosocial et renforcé les capacités de plusieurs centres de traitement et établissements de santé en équipements de prévention.

Toutefois, l’agence prévient que ces efforts restent insuffisants sans un financement supplémentaire. Son appel humanitaire a été porté à 113,45 millions de dollars, mais seuls 23,5 millions ont été mobilisés à ce jour, laissant un déficit de près de 90 millions de dollars pour poursuivre les interventions vitales dans les zones touchées et à haut risque.

René Kanzuku