Le rideau est tombé sur la quinzième édition du festival Ngoma, prestigieuse vitrine des arts contemporains Congolais, avec la représentation enflammée de «Histoire d’une Génération», le tout dernier spectacle de Bila Poète. Fidèle à sa verve engagée, l’artiste a offert au public un moment intense où slam, mémoire et cri d’espoir se mêlaient dans une harmonie rare.
Au fil de ce concert de mots, Bila Poète a ressuscité la musique d’indépendance des années 60, rappelant ces longues prières récitées avec ferveur : « Ils nous ont appris des longues prières devant leur Dieu », lance-t-il, en écho aux chants passés qui, pourtant, n’ont pas suffi à bercer une paix durable. Le spectacle questionne ainsi : « Quand est-ce que la paix l’emportera sur la guerre ? »
L’artiste ne se contente pas de reposer le passé. Il frappe au cœur des contradictions contemporaines : « Ouvre tes yeux, fils du pays, tu t’es beaucoup prosterné avec des prières alors que tu es assis sur le coltan, l’or et les diamants », martèle Bila Poète, dénonçant l’aveuglement face aux ressources qui, paradoxalement, ne nourrissent pas les peuples.
À travers des textes soigneusement travaillés, il interpelle la société et ses élites : « Nous avons plein d’intellectuels, mais pourquoi ne progressons-nous pas ? Doit-on donner ce pays au fou ou au CNPP ? » Ce questionnement fait de « Histoire d’une Génération » un véritable appel à l’émancipation collective, une invitation à sortir de la misère et de l’inaction.
Avec une énergie brute, des mots tissés avec rage et espoir, Bila Poète a offert une prestation qui, bien au-delà du simple spectacle, se présente comme un manifeste générationnel, un cri vibrant d’une jeunesse déterminée à écrire sa propre destinée.
Justice M. Kangamina
Plus d'histoires
Une Francophonie moderne et économique: voici une vision claire d’Isidore Kwandja pour l’OIF
Région des Grands Lacs: des journalistes s’engagent pour l’édification de la paix
RDC: Mme Zoë Ware remplace Mme Alyson King à la tête de l’ambassade du Royaume-Uni à Kinshasa