17/10/2026

Le Regard

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Marche du 15 septembre: la C64 porte plainte contre Jacquemain Shabani, Israël Kantu, Augustin Kabuya et Daniel Bumba

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La Coalition Article 64 -C64- a déposé, ce jeudi 25 septembre 2026 à Kinshasa, une plainte collective auprès de l’Auditeur général près la Haute Cour militaire à la suite des violences survenues lors de la manifestation organisée le 15 septembre dernier.

La plainte, portée notamment par des partis et personnalités politiques de l’opposition, met en cause plusieurs responsables politiques, administratifs et sécuritaires, parmi lesquels le ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani, le gouverneur de Kinshasa Daniel Bumba Lubaki, le ministre provincial de l’Intérieur Jeannot Canon Larose, ainsi que des responsables de la Police nationale congolaise.

Augustin Kabuya Tshilumba, président a.i. et secrétaire général de l’UDPS/Tshisekedi, et Joël Mpaba, alias «Muselu», responsable des opérations de la «Force du Progrès», figurent également parmi les personnes citées. La plainte vise aussi d’autres personnes susceptibles d’être identifiées au cours de l’instruction.

Dans leur démarche, les plaignants évoquent 22 griefs, allant des violences ou sévices graves envers les populations civiles à la destruction méchante des biens, en passant par les arrestations arbitraires, les coups et blessures, l’homicide volontaire, la torture, l’usage illégal d’armes de guerre, la constitution de milice armée, le terrorisme et la non-assistance à personne en danger.

Selon le récit présenté dans la plainte, le cortège de la C64 aurait été attaqué dans le secteur des 10ème, 11ème et 12ème rues de Limete par des individus que les plaignants identifient comme appartenant à la «Force du Progrès».

La plainte affirme également que certains éléments de la police auraient fait usage de gaz lacrymogènes et que des militaires auraient utilisé des armes à feu. Ces accusations devront être établies ou infirmées par l’enquête judiciaire sollicitée par les plaignants.

La C64 fait notamment état de plusieurs blessés, dont un garde du corps de Martin Fayulu qui aurait été atteint au dos par un coup de machette alors qu’il tentait de protéger le président de l’ECiDé.

Elle revient également sur le décès de Manassé Lomboto Bomengola, cadre de l’ADDCongo, «ayant succombé à des blessures subies lors des violences».

Les plaignants demandent à l’Auditeur général d’ouvrir une information judiciaire, d’identifier les auteurs matériels, coauteurs, complices et éventuels commanditaires, d’entendre les victimes et témoins, d’exploiter les images et vidéos disponibles et de procéder aux expertises médicales, balistiques et techniques nécessaires.

Ils sollicitent enfin l’établissement des responsabilités individuelles et hiérarchiques ainsi que la réparation des préjudices subis.

Selon la même plainte, cette démarche constitue une deuxième action judiciaire de la C64, après celle introduite à la suite de la répression du sit-in du 12 juin dernier.

René Kanzuku