18/08/2026

Le Regard

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Procès FRIVAO: 200 membres du parti NOGEC assimilés aux victimes auraient été indemnisés à hauteur de 200.000 USD sur instruction de Mutamba

À la Cour de cassation, le procès sur le détournement présumé des fonds du FRIVAO a pris une nouvelle tournure. Selon une dépêche de l’Agence Congolaise de presse -ACP-, la partie civile accuse l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, d’avoir fait indemniser 200 membres de son parti politique, Nouvelle génération pour l’émergence du Congo -NOGEC-, en les faisant passer pour victimes de la guerre de six jours de Kisangani. Montant évoqué : 200 000 dollars américains.

L’affaire FRIVAO continue de révéler de nouvelles accusations devant la Cour de cassation à Kinshasa. Lors de l’audience de ce vendredi 31 juillet 2026, Bernard Kalombola, PCA suspendu du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC -FRIVAO-, constitué en partie civile, a directement mis en cause Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice.

Selon les déclarations rapportées par l’Agence congolaise de presse, Bernard Kalombola affirme que 200 membres de la NOGEC, parti politique cher à Constant Mutamba, auraient été enregistrés comme victimes afin de bénéficier d’une indemnisation.

200 membres de la NOGEC pour 200.000 dollars

Au cœur des accusations figure une somme de 200 000 dollars américains. D’après Bernard Kalombola, les 200 personnes concernées auraient ainsi bénéficié d’une indemnisation globale correspondant à ce montant.

Il soutient que cette opération aurait été réalisée sur instruction de l’ancien ministre de la Justice, Mutamba.

«Le coordonnateur l’a bien dit, c’est sur instruction du ministre qu’ils ont indemnisé ces personnes», a déclaré Bernard Kalombola devant la Cour.

La partie civile conteste surtout la qualité de victimes attribuée à ces personnes. Selon elle, les membres de la NOGEC concernés n’auraient pas fait partie des véritables victimes éligibles aux réparations prévues par le FRIVAO.

Kalombola va plus loin en évoquant la création présumée de «fausses victimes». Il affirme que 200 membres de la NOGEC auraient été intégrés au dispositif d’indemnisation, au détriment des personnes effectivement touchées par les violences liées à la guerre de six jours de Kisangani.

La guerre de six jours, survenue en juin 2000 à Kisangani, avait opposé les armées rwandaise et ougandaise dans la ville. Les affrontements avaient causé d’importantes pertes humaines et matérielles parmi les populations civiles.

C’est notamment dans le cadre des réparations destinées aux victimes de ces violences que le FRIVAO a été institué.

Un possible réseau autour des fonds du FRIVAO ?

Devant les juges de la Cour de cassation, Bernard Kalombola a également dénoncé ce qu’il présente comme un système organisé impliquant des responsables des structures chargées de la gestion des réparations.

Il a notamment évoqué l’existence présumée d’un «réseau mafieux» qui aurait travaillé avec les deux coordinations afin de favoriser la NOGEC, dans la perspective des élections de 2028.

Le responsable du FRIVAO affirme par ailleurs avoir alerté à plusieurs reprises sur ces pratiques présumées.

Ex-ministre de la Justice, Constant Mutamba est poursuivi dans ce dossier portant sur la gestion des fonds du FRIVAO. Les accusations formulées à l’audience le placent une nouvelle fois au centre des débats sur l’utilisation des ressources destinées aux victimes.

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À ce stade, les affirmations de Bernard Kalombola constituent des accusations de la partie civile et ne valent pas condamnation. Il appartient à la Cour de cassation d’établir, au terme de la procédure, la réalité des faits, les responsabilités éventuelles et la destination exacte des fonds concernés.

René Kanzuku