18/08/2026

Le Regard

De l’information fouillée et vérifiée

Procès FRIVAO: Rose Mutombo et Guillaume Ngefa au cœur des accusations du PCA suspendu

L’audience du procès sur la gestion du Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda -FRIVAO-, tenue le lundi 27 juillet à la Cour de cassation à Kinshasa, a été marquée par de graves accusations visant l’ancienne ministre de la Justice, Rose Mutombo, et l’actuel, Guillaume Ngefa. Les débats ont finalement été renvoyés au 31 juillet 2026, après un incident provoqué par le départ de l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, de la salle d’audience.

Face à la juridiction, le président du Conseil d’administration -PCA- suspendu du FRIVAO par le ministre Ngefa, Bernard Kalombola Lisendja, n’a pas mâché ses mots. Le prévenu a affirmé que des actes de détournement de fonds avaient été réellement commis au sein de l’établissement et a situé l’origine des irrégularités à l’époque où Rose Mutombo dirigeait le ministère de la Justice.

«Il y a eu effectivement détournement de fonds. Depuis l’époque de la ministre Rose Mutombo, toutes les décisions qui ont été prises l’ont été sans le Conseil d’administration», a déclaré Bernard Kalombola Lisendja.

Selon lui, le Conseil d’administration aurait été systématiquement écarté des décisions stratégiques et financières du FRIVAO, en violation des règles de gouvernance de l’établissement.

Le PCA suspendu a ensuite dirigé ses accusations contre l’actuel ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, qu’il tient pour responsable de son arrestation. Cette affirmation a été formulée devant la cour sans que des éléments de preuve n’aient été rendus publics à ce stade de la procédure.

Bernard Kalombola a également lancé une accusation d’une extrême gravité contre l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba et l’ancien coordonnateur du FRIVAO, Chançard Bolukola. Il a soutenu que les deux prévenus auraient déboursé 30.000 dollars pour commanditer son assassinat. Là encore, cette allégation a été portée devant le tribunal sans qu’elle ne soit, à ce stade, étayée publiquement par des preuves.

Le procès du FRIVAO intervient dans un contexte de vives controverses autour de la gestion de ce fonds public, créé pour indemniser les victimes des exactions commises par l’armée ougandaise dans l’est de la République démocratique du Congo.

À la suite de l’incident ayant conduit au départ de Constant Mutamba de la salle d’audience, la juridiction a décidé de renvoyer l’affaire au 31 juillet 2026. Cette prochaine audience devrait permettre la poursuite des débats et l’examen contradictoire des accusations formulées par les différentes parties.

Rappelons que les personnes mises en cause bénéficient de la présomption d’innocence, et il appartiendra à la justice de déterminer le bien-fondé des allégations formulées au cours de cette procédure.

René Kanzuku