Les rebelles de la coalition M23/AFC coordonnée par Corneille Nangaa, soutenus par le Rwanda, continuent de faire des morts dans l’Est du pays, depuis la prise de la Ville de Goma, dans la province du Nord-Kivu et Bukavu, dans le Sud-Kivu.
Plus de 3000 morts, selon les Nations unies. La population est soumise à la maltraitance et la dictature de la part de ces rebelles.
Réagissant à ces atrocités, le Trésor Américain a imposé des sanctions contre deux personnalités impliquées dans cette guerre, notamment Lawrence Kanyuka, porte-parole du M23/AFC et le ministre d’État rwandais de l’intégration régionale, James Kabarebe.

En sa qualité d’acteur politique congolais résidant à l’étranger, membre de Together, une branche de la Commission Européenne et représentant de la Ligue des jeunes pour la démocratie et le droit de l’homme, Dieuleveut Butey Bulary a, dans un entretien accordé à LE REGARD, salué la décision des Etats-Unis.
«Je me réjouis de la décision du Trésor Américain contre cette guerre. C’est déjà un bon signe et un pas vers une solution. Leur silence serait taxé de complicité. Mais, je les encourage de ne pas se limiter seulement à ces deux personnalités. Ces sanctions doivent s’étendre afin de décourager cette rébellion, pour que la paix revienne dans cette partie de notre pays», a-t-il déclaré.
Par ailleurs, l’écrivain Dieuleveut Butey a également rappelé aux autorités congolaises leur responsabilité dans cette situation qui prévaut depuis 30 ans maintenant.
Selon l’auteur des livres «Le Refugié», «Fin du Monde», «Entre la drogue et la prison, je suis né» et «Fatma, Jérusalem nous a trahis», tout ce qui manque aux décideurs congolais pour vaincre cette guerre, c’est le patriotisme.

«C’est le manque du patriotisme qui nous empêche de gagner cette guerre. Nos dirigeants, voire l’ensemble de nos décideurs, ne sont pas des vrais patriotes à la base. Ils passent leur intérêt personnel avant celui du peuple ainsi que du pays. La République démocratique du Congo est un pays riche, tant convoité par les multinationales. Et nos dirigeants sont prêts à vendre les portions du pays pour gonfler leurs poches, signer des contrats qui ne vont qu’à leurs intérêts et c’est le peuple qui en tire les conséquences. Quand le Congo aura des dirigeants patriotes, on ne parlera plus de cette guerre», a estimé ce leader des jeunes.
Et d’appeler à l’unité : «Retenons aussi que les divergences de nos dirigeants ralentissent le développement de notre pays. Aujourd’hui, le Président de la République est lâché par tous, car tout le monde estime que la guerre reste son affaire ou l’aboutissement de son échec. Non, la guerre n’est pas que question du président, c’est le pays qui est envahi et non le Chef de l’Etat. Donc, tout le monde est dans l’obligation de se tenir derrière le garant de la Nation afin de combattre les ennemis de notre pays».

Puis : «Le pays doit passer avant tout, car les hommes passent mais les institutions restent. Nous devons être unis comme un seul homme et faire passer l’intérêt du pays avant les nôtres, cela nous évitera des infiltrations et de trahison au sein de l’appareil politique, dans l’armée et la police. Si nous ne défendons pas le Congo maintenant, nous serons la dernière génération à voir la dernière configuration actuelle de nos frontières et nos enfants ne nous pardonneront jamais. Nous deviendrons comme ces sud-africains qui n’accèdent pas dans certaines zones de leurs propres pays, bien qu’ayant un président noir».
René Kanzuku
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