14/02/2026

Le Regard

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Révision de la Constitution congolaise: Jean-Marc Kabunda de l’Ecidé recadre Steve Mbikayi

Les déclarations du Président Félix Tshisekedi sur la révision ou changement de la constitution ont pour effet de redémarrer de plus belle manière ce débat lancé il y a quelque temps par le SG de l’UDPS Augustin Kabuya. Sur le réseau social X, Steve Mbikayi, sociétaire de l’Union sacrée et Jean Marc Kabunda de l’Ecidé de Martin Fayulu se sont livré à une belle joute empreinte de courtoisie, non sans quelques pics.

 

A la publication de Martin Fayulu dans laquelle l’opposant affirme que «Félix Tshisekedi joue avec le feu comme un gamin», Steve Mbikayi retorque: «Cette réaction de monsieur Fayulu est irrationnelle. Réviser ou changer une Constitution n’a jamais été jouer avec le feu. Évoquer l’éradication de la misère, la cohésion nationale, la gabegie financière, la construction des routes… dans un débat sur la Constitution, c’est un raisonnement antilogique».

 

Pour lui, dans toute démocratie, les forces politiques majoritaires peuvent faire des réformes constitutionnelles pour leur faciliter la gouvernance et/ou conserver le pouvoir le plus longtemps possible. Il en veut pour exemple la révision constitutionnelle de 2011.  «Quand l’AMP de (Joseph) Kabila avait constaté qu’avec une élection présidentielle à deux tours, au 2ème tour les opposants allaient coaliser pour la battre, elle avait utilisé sa majorité pour réviser la Constitution et supprimer les deux tours. Une démarche politiquement correcte», argue ce défenseur de la révision, soulignant qu’il est prêt à en découdre avec les «nonistes».

 

L’opposant Jean-Marc Kabunda y a réagi sans attendre. «Permettez-moi de clarifier, cher Steve, car il semble que vous n’ayez pas saisi le cœur du débat», peste-t-il. Et de poursuivre: «Le point soulevé par Martin Fayulu n’est pas une simple question de Constitution, mais de l’opportunité de la modifier dans un contexte politique et sécuritaire extrêmement fragile, et au dernier mandat».

 

Selon lui, Fayulu rappelle qu’il y a des priorités fondamentales et urgentes qui devraient être traitées avec sérieux et responsabilité lorsqu’on dirige un pays. Et kabunda d’interroger: «La sécurité nationale a-t-elle été rétablie? Non. Les 115 territoires pris par le Rwanda, ont-ils été récupérés? Non. Le respect des droits humains est-il assuré? Non… La situation sociale des Congolais s’est-elle améliorée? Non. Avez-vous construit des infrastructures telles que des routes, aéroports, hôpitaux, écoles, et universités? Non».

 

Nous ne pouvons pas avoir les mêmes priorités

 

Jean-Marc Kabunda estime que la modification de la Constitution ne saurait résoudre les insuffisances de gouvernance. «Cela semble être un simple stratagème pour pérenniser le pouvoir, sans aucun bénéfice pour le peuple congolais», tape-t-il. Et Mbikayi de répondre: «les problèmes que vous soulevez sont hors sujet». Pour lui, l’opposition et la majorité ne peuvent avoir les mêmes priorités. «À mon avis, votre priorité devait consister à vous organiser et vous rassembler pour constituer un contrepoids face à la majorité. Vous êtes très minoritaires à l’Assemblée Nationale inexistants sur le terrain», cogne ce membre de l’Union sacrée qui assène : «Même face aux dérives de notre gouvernement, vous n’avez pas des arguments… forts pour dénoncer. (…) je prends parfois le courage et le risque de dire et de faire ce que vous deviez faire face aux dérapages du gouvernement et à l’incompétence de certains ministres. Ça m’attire bien des ennuis mais, je crois que ça vaut la peine».

 

Puis: «Dites-moi, à part des réactions dans les réseaux sociaux, quelle force avez-vous pour bloquer notre détermination à réviser ou à changer la Constitution? Quelle mobilisation de grande ampleur et durable avez-vous déjà faite et êtes capables de faire?». Puis encore: «Vous passerez sûrement tout votre temps à vociférer, à prendre la communauté internationale à témoin et à fréquenter les ambassades des pays occidentaux à la recherche des soutiens».

 

«Vous savez parfaitement que votre camp a échoué…»

 

Jean-Marc Kabunda est ferme. La priorité de l’opposition est de bâtir un Congo libre, fort, digne et prospère, en améliorant les conditions de vie des Congolais. «Il semble que votre priorité soit de maintenir le pouvoir, peu importe le coût pour le bien-être de la population», fulmine-t-il.  Et d’enfoncer: «Face à un bilan (du Président Tshisekedi) aussi faible, il n’est même pas nécessaire de brandir des arguments compliqués; les faits parlent d’eux-mêmes. Lorsque vous serez enfin capables d’apporter des réponses concrètes et chiffrées, nous pourrons poursuivre cette discussion». Kabunda estime que Mbikayi sait que leur camp a échoué, mais il persiste à défendre l’indéfendable, probablement dans l’espoir de conserver une place.

HRM