18/08/2026

Le Regard

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Sit-in du 12 juin: la C64 rejette le rapport de la CNDH et réclame une enquête internationale

La Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel -C64- a exprimé ses réserves sur le rapport de la Commission nationale des droits de l’homme -CNDH- consacré aux événements du 12 juin 2026 devant le Palais du Peuple. Dans une déclaration publiée ce lundi 27 juillet, la plateforme de l’opposition estime que, malgré la reconnaissance de graves violations des droits humains, le rapport comporte des insuffisances qui, selon elle, affectent sa crédibilité et sa portée.

La C64 affirme prendre acte de la publication du rapport de la CNDH, qui reconnaît officiellement que des violations des droits de l’homme ont été commises lors du sit-in pacifique organisé le 12 juin dernier. Parmi ces violations figurent notamment des arrestations et détentions arbitraires, des atteintes à l’intégrité physique, des traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que des cas d’extorsion et de spoliation.

Selon la coalition, cette reconnaissance constitue une étape importante vers l’établissement de la vérité. Elle estime toutefois qu’elle demeure insuffisante pour répondre aux exigences de justice, de réparation des victimes et de garanties de non-répétition.

Dans son document, la C64 dirigée notamment par Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, reproche au rapport de la CNDH de ne pas refléter fidèlement certains témoignages recueillis auprès des victimes. Elle critique également les déclarations publiques du président de la CNDH, Paul Nsapu, intervenues après la publication du rapport.

Pour la C64, les propos du patron de la CNDH, minimisant la gravité des événements et mettant en doute la crédibilité de certaines victimes seraient incompatibles avec les principes d’indépendance, d’impartialité et d’objectivité qui doivent guider une institution nationale de protection des droits de l’homme.

Par ailleurs, la Coalition estime que le rapport n’a pas permis d’établir avec précision les circonstances entourant les décès et les disparitions signalés. Elle souligne que l’absence d’éléments suffisants ne saurait être interprétée comme une preuve que ces faits ne se sont pas produits.

La C64 affirme qu’à ce jour, deux personnes enlevées devant le siège de l’ECiDé demeurent portées disparues et exige des autorités qu’elles prennent toutes les mesures nécessaires pour les retrouver et identifier les responsables de leur disparition.

Une enquête sur la «Force du Progrès» réclamée

D’un côté, l’opposition reproche au rapport de ne pas déterminer avec suffisamment de précision le rôle et le degré d’implication des personnes présentées comme appartenant à la «Force du Progrès», alors même que leur participation aux violences est évoquée à plusieurs reprises.

Elle estime que la présence éventuelle de groupes civils aux côtés des forces de sécurité, ou avec leur tolérance, doit faire l’objet d’investigations approfondies.

La C64 rappelle en outre que les avocats des victimes ont déjà saisi l’Auditorat général près la Haute Cour militaire d’une plainte visant à établir les responsabilités pénales de tous les auteurs, coauteurs et complices présumés des violations commises le 12 juin 2026, ainsi qu’à obtenir la réparation intégrale des préjudices subis.

Au regard de ces éléments, la Coalition Article 64 appelle à la mise en place d’une enquête internationale indépendante, impartiale, diligente et crédible. Celle-ci devrait, selon elle, permettre d’établir l’ensemble des faits et des responsabilités, de déterminer le sort des personnes disparues, d’identifier et de poursuivre tous les auteurs, coauteurs et complices des violations, d’assurer une réparation intégrale aux victimes et de mettre en œuvre des garanties effectives de non-répétition.

La plateforme assure qu’elle restera mobilisée aux côtés des victimes jusqu’à ce que toute la vérité soit établie et que justice leur soit rendue.

La déclaration est signée par les principaux leaders de la coalition, notamment Martin Fayulu (ECiDé), Jean-Marc Kabund (Alliance pour le Changement), Moïse Katumbi (Ensemble pour la République), Augustin Matata Ponyo (LGD) et Delly Sesanga (ENVOL).

René Kanzuku