29/05/2024

Le Regard

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Tribune du journaliste Anicet Cito: “l’enseignant congolais est le plus marginalisé et sous-payé de la société”

HOMMAGE AUX OUBLIÉS DE LA NATION

Le 30 avril de chaque année, la République démocratique du Congo célèbre la Journée nationale de l’enseignement, une occasion de rendre hommage aux enseignants, piliers de notre système éducatif et acteurs essentiels du développement du pays. Pourtant, derrière cette célébration officielle, se cache une réalité bien sombre : l’enseignant congolais, malgré son rôle crucial, reste l’un des membres les plus marginalisés et sous-payés de la société congolaise.

Un contraste saisissant entre mission noble et conditions précaires

A contrario de la noblesse de leur mission qui consiste à façonner les esprits et transmettre le savoir aux générations futures, les enseignants congolais vivent dans des conditions précaires qui ne reflètent en aucun cas leur importance. Un salaire de misère, incapable de subvenir aux besoins primaires d’une famille, les contraint à cumuler des emplois connexes ou à sombrer dans la pauvreté.

Victimes d’un système défaillant et d’une indifférence coupable

Cette situation inacceptable est le résultat d’un système défaillant et d’une indifférence coupable des autorités. Pendant que les politiciens détournent des fonds publics et s’enrichissent sans vergogne, les enseignants, ceux qui forment les élites de demain, sont laissés pour compte. Incapables de payer les études supérieures de leurs propres enfants, ils voient l’avenir de leurs progénitures hypothéqué par un système qui les broie.

Un appel à la reconnaissance et à la valorisation du métier d’enseignant

Il est grand temps que la RDC prenne la mesure d’urgence de la situation et honore enfin ses enseignants à la hauteur de leur contribution inestimable. Au lieu de gaspiller des ressources dans des projets inutiles ou corrompus, il est crucial d’investir dans le bien-être des enseignants.

L’amélioration du salaire, la mise en place d’une couverture sociale digne et l’accès à une formation continue de qualité, ne sont pas des privilèges, mais des droits fondamentaux pour ces acteurs essentiels du développement national.

Un système éducatif malade par manque de considération pour ses acteurs

Le système éducatif congolais n’est pas intrinsèquement malade. Il est victime d’un manque de considération chronique pour ses enseignants, piliers pourtant indispensables à son bon fonctionnement. Sans un changement radical des mentalités et des politiques publiques, l’espoir d’un avenir meilleur pour l’éducation congolaise restera vain.

Célébrons la Journée nationale de l’enseignement en rendant hommage aux enseignants congolais, non pas seulement par des discours creux, mais par des actions concrètes qui améliorent leurs conditions de vie et de travail. C’est en reconnaissant et en valorisant leur contribution que nous pourrons bâtir un système éducatif performant et une nation prospère.

_Goma, le 30 avril 2024_

Anicet Girafon CITO BINYUNGU, Journaliste