19/01/2026

Le Regard

De l’information fouillée et vérifiée

Tueries et pillages à répétition chaque nuit à Goma et Nyiragongo: la population entre angoisse, horreur et chaos

«Chaque nuit, nous vivons dans la peur. Nous ne savons plus où nous réfugier, ni en qui nous pouvons avoir confiance. La violence semble ne jamais s’arrêter, et nos vies sont suspendues à un fil fragile», témoigne un habitant de Goma.

Ces paroles illustrent parfaitement la gravité de la crise à Goma et Nyiragongo, où l’avenir reste incertain pour des milliers de civils pris au piège d’un conflit sans fin.

Au lendemain de la tuerie d’une dizaine de personnes à Goma et en territoire de Nyiragongo, ces deux entités ont encore été secouées par de nouveaux actes de violence dans la nuit de samedi 05 à dimanche 06 avril 2025.

Les habitants des deux régions voisines ont vécu une nuit d’angoisse et de terreur, marquée par des meurtres, des blessures et des scènes de pillages.

Dans le territoire de Nyiragongo, la situation est particulièrement inquiétante. Une femme a été tuée à Rusayo, une localité déjà endeuillée.

Ici, une famille entière, un père, une mère et leurs enfants ont perdu la vie, dans un acte d’une cruauté inouïe. Un homme a également été abattu par balle après plusieurs tentatives infructueuses pour le sauver dans une structure sanitaire locale.

Du côté de Goma, le chaos n’a pas tardé à frapper. En l’espace d’une heure, deux conducteurs de motos, appelés communément « motards », ont été tués dans des circonstances similaires.

Le premier à l’Institut Ndosho, et le second à Hoping, tous deux dans le quartier de Ndosho, en commune de Karisimbi. Les assaillants ont emporté leurs engins, faisant de ces meurtres des actes criminels d’une violence inouïe.

Par ailleurs, des scènes de cambriolages ont été signalées dans plusieurs quartiers de Goma, notamment à Kyeshero. De nombreux habitants ont fait état de violences et de pillages, ajoutant à la peur générale qui règne dans la ville. Plusieurs blessés ont également été recensés cette nuit-là, un triste reflet de la montée de la violence dans la région.

La responsabilité des crimes commis dans ces deux territoires est imputée au groupe M23-AFC, qui contrôle la ville de Goma et ses alentours. Le gouvernement de Kinshasa a, dans un rapport récent, accusé M23/AFC d’être à l’origine de nombreuses exactions, dont des meurtres, des pillages et des violations des droits de l’homme dans les zones sous leur contrôle.

Le rapport indique que les civils sont les principales victimes de ces actes barbares, exacerbant ainsi le climat de peur et d’insécurité dans la région.

Alors que les habitants de Goma et Nyiragongo pleurent leurs morts et vivent dans la terreur, la communauté internationale appelle à une intervention rapide pour mettre fin à cette spirale de violence, qui menace de faire basculer toute la région dans un chaos irréversible.

Le témoignage d’un habitant de Goma résume la situation : « Chaque nuit, nous vivons dans la peur. Nous ne savons plus où nous réfugier, ni en qui nous pouvons avoir confiance. La violence semble ne jamais s’arrêter, et nos vies sont suspendues à un fil fragile».

Ces paroles illustrent parfaitement la gravité de la crise à Goma et Nyiragongo, où l’avenir reste incertain pour des milliers de civils pris au piège d’un conflit sans fin.

Anicet Girafon