Ci-après la position de Martin Fayulu, coordonnateur de la plateforme politique de l’opposition Lamuka et président national de l’Ecidé sur l’inclusivité du dialogue national en vue:
GARANTIR L’INCLUSIVITE ET LA REPRESENTATIVITE DANS LE PROCESSUS DU DIALOGUE CONGOLAIS
Face à la souffrance, aux défis sécuritaires persistants, aux tensions politiques, aux fractures sociales et aux aspirations légitimes de notre peuple, une conviction s’impose: seul un dialogue national inclusif sincère et représentatif peut consolider la cohésion nationale et ouvrir la voie à une paix durable ainsi qu’au développement tant recherché par les Congolaises et les Congolais.
Cela signifie tout simplement que le dialogue que nous appelons de tous nos vœux ne doit pas être réservé à quelques acteurs politiques réunis autour d’une table, mais constituer un véritable dialogue national, où chaque composante de notre société trouve sa place et fait entendre sa voix ?
L’inclusivité n’est pas un slogan. C’est un principe fondamental. Notre pays est vaste, divers, pluriel. Des grandes villes aux territoires ruraux, des provinces de l’Ouest aux régions meurtries de l’Est, chaque composante porte une part de la vérité nationale. Ignorer certaines voix, c’est affaiblir la légitimité du processus tout entier.
La représentativité exige que toutes les forces vives de la nation soient impliquées : les partis politiques de la mouvance au pouvoir comme de l’opposition, la société civile, les mouvements citoyens, les confessions religieuses, les autorités traditionnelles, les femmes, les jeunes, les personnes vivant avec handicap, les déplacés internes, la diaspora ainsi que les groupes armés.
Les expériences antérieures de dialogue dans notre pays ont parfois suscité espoirs et déceptions. Trop souvent, les résolutions adoptées n’ont pas été pleinement mises en œuvre. Cette réalité a nourri la méfiance de nos concitoyens. Pour restaurer la confiance, nous devons garantir la transparence du processus, la clarté des critères de participation et, surtout, l’engagement ferme d’appliquer les décisions et résolutions prises.
Le dialogue national inclusif doit permettre de déterminer les causes profondes et structurelles de la crise congolaise (causes internes et externes, causes lointaines et proches).
Après s’être accordés sur les causes structurelles de la crise, nous pensons que les sept points suivants devraient être abordés:
1. L’intégrité territoriale et la souveraineté de la RDC, ainsi que les réformes de l’armée et des services de sécurité;
2. La gouvernance éthique, la rationalisation des finances publiques, la lutte contre la corruption, le vol et l’enrichissement sans cause;
3. La justice, les droits humains et l’égalité devant la loi;
4. Les réformes électorales nécessaires pour garantir la transparence et la crédibilité des élections de 2028;
5. La coexistence pacifique entre les ethnies congolaises;
6. La coexistence pacifique régionale et la stabilité dans la région des Grands Lacs;
7. L’inventaire exhaustif et l’analyse juridico-politique de l’ensemble des résolutions adoptées à l’issue des négociations, tables rondes et dialogues nationaux depuis 1958, afin d’en évaluer le niveau de mise en œuvre et la pertinence et d’en dégager une doctrine cohérente de gouvernance congolaise.
Le dialogue doit être un instrument de résolution des conflits, et non un simple exercice politique. Ainsi, l’inclusivité ne signifie pas l’unanimité. Le dialogue n’efface pas les divergences; il les organise dans un cadre pacifique et constructif. Ce qui importe, ce n’est pas que nous pensions tous de la même manière, mais que nous acceptions de chercher ensemble des solutions dans l’intérêt supérieur de la nation.
L’histoire jugera notre capacité à dépasser les intérêts particuliers pour servir le bien commun. Nous avons la responsabilité collective de faire du dialogue non pas une formalité politique, mais un véritable pacte national fondé sur la justice, la participation et le respect mutuel. C’est ensemble, dans la diversité et la responsabilité, que nous pourrons construire une nation plus forte, plus stable et plus unie.
Nous avons l’honneur et le privilège que Son Excellence le Président João Lourenço, Président de la République d’Angola ait bien voulu accepter de parrainer ce dialogue, lui dont l’expérience en la matière est largement reconnue. Nous lui exprimons notre profonde gratitude. Il nous appartient désormais de saisir pleinement cette précieuse opportunité.
Je vous remercie.
Martin Fayulu Madidi
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