14/02/2026

Le Regard

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58ème session du Conseil des droits de l’homme: la MONUSCO condamne la création d’une nouvelle coalition armée par Thomas Lubanga

Dans le cadre du Dialogue interactif renforcé sur la situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo, la Représentante Spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies en RDC, Bintou Keita a pris part à la 58ème session du Conseil des droits de l’homme, mardi 01 avril 2025 à Genève.

Dans son intervention, la Cheffe de la MONUSCO s’est dite préoccupée par l’annonce dernièrement par Thomas Lubanga, de la création d’une nouvelle coalition armée dans l’Est du pays.

« Je suis profondément préoccupée par l’annonce récente de Thomas Lubanga –
condamné par la Cour pénale internationale – de la création d’une coalition armée en Ituri à partir d’un pays voisin. Cette évolution inquiétante aggrave les tensions interethniques dans une zone déjà troublée et pose un risque de répétition de crimes internationaux », a-t-elle déclaré dans son discours.

Et de poursuivre : « Pendant que le conflit perdure, nous assistons à un revers inquiétant de décennies d’investissements et d’efforts pour faire respecter l’État de droit dans l’est de la RDC. C’est une évolution regrettable que nous ne pouvons pas permettre. Nous devons aux générations présentes et futures congolaises des sociétés justes, ouvertes et pacifiques. Des sociétés où la loi protège, où la vie a un prix, où la dignité n’est pas un luxe, mais un droit ».

Par ailleurs, Mme Bintou salue le travail initial accompli par l’équipe de démarrage de la mission d’établissement des faits mandatée par le Conseil des droits de l’homme, plaidant ainsi pour que toutes les parties apportent leur soutien et leur coopération à ce mécanisme important.

Elle a, au cours de sa déclaration, noté avec intérêt l’intention des autorités congolaises de finaliser en urgence un cadre pour la justice transitionnelle, comme annoncé le 28 mars. « C’est un pas dans la bonne direction », dit-elle.

« Mais pendant que des efforts se poursuivent à Genève, à Kinshasa et ailleurs, les populations de l’est du pays souffrent d’un conflit prolongé. Les avancées du Mouvement du 23 mars, soutenu par les forces de défense rwandaises, l’activisme continu des ADF, de la CODECO et de diverses factions de
Wazalendo perdurent », a-t-elle dénoncé.

Résultat : « les souffrances de centaines de milliers d’enfants, de femmes, de personnes âgées et déplacées à l’intérieur du pays s’aggravent. Sur les 1 099 violations des droits de l’homme recensées par le Bureau Conjoint des Nations Unies pour les Droits de l’Homme depuis le début de l’année, 88 pourcents ont eu lieu dans des provinces en conflit. 71 pourcents de ces violations ont été commises par des groupes armés ».

René Kanzuku