17/10/2026

Le Regard

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À la tribune de l’ONU, Judith Suminwa dénonce un droit international à géométrie variable

À la tribune de la 81ème session de l’Assemblée générale des Nations unies, mercredi 23 septembre 2026 à New York, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a porté la voix de la République démocratique du Congo, au nom du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Son intervention s’est notamment focalisée sur le respect du droit international, la situation sécuritaire dans l’Est du pays et la nécessité de réformer le système multilatéral. La 81ème Assemblée générale se tient du 22 au 28 septembre autour du thème «Restaurer la confiance, gérer la transformation: Des Nations Unies qui apportent des résultats pour tous».

Sans nommer directement un État, Judith Suminwa a dénoncé ce qu’elle considère comme une application à géométrie variable des principes consacrés par la Charte des Nations unies.

«Il ne peut y avoir de confiance durable lorsque la force de nos principes proclamés varie selon les peuples, les crises ou les circonstances», a-t-elle déclaré, regrettant que l’intégrité territoriale puisse être «défendue avec vigueur dans une crise» et paraître «négociable dans une autre».

Dans la même intervention, Kinshasa a également dénoncé la «guerre d’agression menée par le Rwanda sous couvert de l’AFC/M23» et appelé à l’exécution des décisions du Conseil de sécurité, notamment la résolution 2773.

La Cheffe du gouvernement congolais a, par ailleurs, plaidé pour une application équitable du droit international, fondée sur la souveraineté et l’intégrité territoriale des États.

Elle a estimé que «le monde de 1945 n’est plus» et appelé à une réforme des institutions internationales afin qu’elles reflètent davantage les équilibres actuels.

Parmi les priorités mises en avant figure notamment une représentation plus juste de l’Afrique au Conseil de sécurité, alors que la RDC défend depuis plusieurs années une réforme de la gouvernance multilatérale.

Au-delà des questions de paix et de sécurité, Judith Suminwa a porté plusieurs priorités congolaises, notamment la lutte contre Ebola et les enjeux de santé, la protection du bassin du Congo et le financement du développement.

Elle a également plaidé pour une gouvernance inclusive de l’intelligence artificielle, accompagnée d’un fonds mondial destiné au renforcement des capacités.

À travers cette intervention, Kinshasa entend ainsi inscrire ses revendications sécuritaires dans un plaidoyer plus large en faveur d’un multilatéralisme présenté comme plus équitable et inclusif.

René Kanzuku