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L’arrestation et la détention provisoire de la journaliste Virginie Manganga continuent de faire réagir l’opinion. Dans une tribune au ton particulièrement critique, Me Alfred Ngoyi wa Mwanza, avocat d’origine congolaise évoluant en Suisse, dénonce ce qu’il qualifie d’«abus de droit» et de violation des garanties fondamentales.
Selon lui, la procédure engagée contre la journaliste met notamment en cause la liberté individuelle, la présomption d’innocence, le droit à un procès équitable et la liberté d’exercer sa profession.
Virginie Manganga a été interpellée le 20 septembre 2026 à la sortie des studios d’Antenne A, après son émission, dans le contexte d’une affaire liée à des propos diffusés concernant l’artiste Fally Ipupa.
Après son audition au parquet, elle a été présentée devant le Tribunal de paix de Kinshasa/Gombe, qui l’a placée sous mandat d’arrêt provisoire pour quinze jours, avec un transfert annoncé vers la prison centrale de Makala.
La journaliste est notamment poursuivie pour des faits de diffamation et de propagation de fausses nouvelles.
Pour Me Alfred Ngoyi, cette mesure de privation de liberté pose une sérieuse question de proportionnalité.
Le juriste rappelle que, dans son analyse du droit congolais, la liberté doit rester la règle et la détention l’exception, celle-ci devant répondre à des conditions précises.
L’avocat estime également que le statut de personnalité publique ne saurait justifier une restriction des garanties accordées à une journaliste. Il va jusqu’à qualifier la procédure, de l’arrestation au placement en détention, de «bâclée» et appelle à la libération de Virginie Manganga.
Cette prise de position intervient alors que le Comité pour la protection des journalistes -CPJ- a lui aussi demandé la libération de la journaliste et appelé les autorités congolaises à dépénaliser la diffamation.
Dans le même temps, le dossier judiciaire lié aux contenus diffusés sur Fally Ipupa se poursuit. Le camp de l’artiste a engagé des démarches judiciaires concernant ces contenus, tandis qu’un responsable cité par le CPJ a déclaré que Fally Ipupa n’était pas à l’origine de l’arrestation de Virginie Manganga.
La procédure judiciaire reste donc en cours, et les accusations comme les arguments de la défense devront être examinés par les instances compétentes.

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