«Le clientélisme, l’abus de pouvoir, le favoritisme et la corruption à outrance : les marchés sont attribués non selon les critères de la loi, mais sur base d’affinités, de loyautés mesquines et d’intérêts personnels, en piétinant les règles de transparence et d’égalité d’accès. Sous la direction actuelle de Monsieur Miguel Kashal, l’ARSP s’est progressivement transformée en instrument de prédation, privant des milliers de PME congolaises d’un accès équitable aux marchés, au mépris de la vision claire du Chef de l’État visant à faire émerger une classe moyenne nationale, prospère et compétitive», ont alerté les membres du RES dans leur plaidoyer lu par Dan Kapembwa, coordonnateur adjoint.
Le Réseau des Entrepreneurs Solidaires -RES- que coordonne Fabrice Mpia Bonyei, a tenu un point de presse mercredi 06 août 2025 dans la salle Ciné Buzz à Kinshasa, dénonçant «le clientélisme, le manque de transparence, l’abus de pouvoir, le favoritisme et la corruption à outrance» dans la gestion de l’Autorité de Régulation de la Sous-Traitance dans le secteur Privé -ARSP- dont fait montre, selon cette structure, le Directeur général Miguel Katemb Kashal.

«L’ARSP est devenue juge et parti. Le DG Miguel Katemb Kashal a ordonné aux entreprises de lancer les appels d’offres dans le site de l’ARSP. Pour que l’on soit retenu pour un marché, il faut avoir l’autorisation du DG. Et quand on postule, l’entreprise vous pose la question de savoir si vous avez l’autorisation du DG Miguel Katemb», a dénoncé Fabrice mpia bonyei, représentant légal de la plateforme RES lors de cette activité, répondant aux questions de journalistes.
Et de poursuivre : «ces entreprises nous exigent une recommandation du DG de l’ARSP quand on cherche les marchés.
Nous n’avons pas un problème personnel avec celui qui dirige l’ARSP. Si le DG était coopératif, on ne serait pas là en train de dénoncer. À chaque fois que nous demandons l’audience, on arrive à 9 heures et il nous reçoit à 23 heures pour ne rien dire, ni nous accorder le temps de discuter avec lui. Il se promène avec sa liste des entreprises bénéficiaires de marchés. On ne peut pas gagner un marché, si on ne figure pas dans sa liste».
Ces entrepreneurs ont également accusé le DG Miguel Katemb d’avoir trahi la promesse du Chef de l’État, celle de créer des millionnaires congolais grâce à la sous-traitance, en favorisant une véritable classe moyenne entrepreneuriale nationale.
«La loi n° 17/001 du 8 février 2017 consacre cette vision en réservant la sous-traitance aux entreprises à capitaux congolais pour dynamiser l’emploi national, renforcer l’assiette fiscale et promouvoir la souveraineté économique. Caporalisation du secteur : loin d’être un cadre neutre, Monsieur Miguel Kashal et ses équipes monopolisent les marchés, imposant un modèle vertical excluant nombre d’entrepreneurs congolais compétents», ont-ils déclaré dans leur plaidoyer.

Non-respect de la loi portant sur l’attribution de marchés
Pour ces chefs d’entreprises, le DG Miguel fait preuve de sabotage de la loi : «les entreprises réellement congolaises sont étouffées, écartées, humiliées, pendant que d’autres, parfois fictives ou maquillées, raflent les contrats. L’exclusion des jeunes entrepreneurs : le système devient une machine à fabriquer la frustration et non la réussite».
Et d’ajouter : «Détournement de la loi originelle : la lettre et l’esprit de la loi sont bafoués au profit de structures proches du pouvoir central, alors que la loi vise à encourager la diversité et la concurrence nationale. Blocage des jeunes entreprises : les PME à capitaux congolais peinent à accéder aux opportunités prévues, en dépit de l’enregistrement obligatoire et des guides sectoriels élaborés avec la FEC et l’ARSP».

Audit de la gestion des marchés attribués entre 2021 et 2025 exigé
«Nous dénonçons la concentration injustifiée des marchés entre les mains d’un cercle restreint d’entreprises proches de la Direction Générale et exigeons l’application stricte de la loi n° 17/001 et de ses décrets. Nous exigeons un audit indépendant et public de la gestion des marchés attribués entre 2021 et 2025. Nous appelons à la révision immédiate des procédures d’enregistrement des sous-traitants, pour barrer la route aux sociétés fictives et aux prête-noms», ont-ils exigé.
Et de soutenir : «Nous soutenons toute initiative visant à numériser, rendre public et tracer l’attribution des marchés, en temps réel, pour plus de transparence. Nous réclamons la révocation ou la suspension temporaire du DG actuel pendant toute la durée de l’enquête, dans l’intérêt de l’institution. Nous invitons le Président de la République à écouter les cris de sa jeunesse entrepreneuriale, sacrifiée par les pratiques d’une gouvernance contraire à sa vision. Car la paix économique et sociale du Congo passe par la justice économique. L’ARSP doit être un pilier de l’espoir pour les jeunes entrepreneurs, pas un mur de discrimination, de népotisme et d’humiliation».
René Kanzuku
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