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«Je vais vous dire une vérité qui risque de vous choquer. Moi, une personne comme Corneille Nangaa, moi il m’a fait rêver. Un monsieur très intelligent. Dans notre pays, nous avons utilisé la machine à voter grâce à Corneille Nangaa. Les gens ont tendance à oublier. Il reste tout de même une légende dans ce domaine», a déclaré l’Archevêque Dodo Kamba.
Dans une interview accordée au confrère Jean-Marie Kasamba de Télé 50 récemment sur les questions de l’heure et l’apport de l’église dans le processus de paix, l’Archevêque Dodo Kamba a insisté sur sa proposition de la mise en place d’une commission «Vérité et Réconciliation», comme préalable avant la tenue du dialogue.
Le leader des Communautés unies du Réveil -CUR- a également évoqué la nécessité de l’inclusivité de ce dialogue envisagé par tous, appelant ainsi le pouvoir en place à cesser des poursuites contre les opposants qui auront décidé d’abandonner les mauvaises voies.
Pour lui, les opposants Martin Fayulu, Matata Ponyo, Denis Mukwege, Moïse Katumbi sont des cerveaux qui doivent être consultés dans le cadre de ce dialogue.
Toujours dans la même optique, l’homme de Dieu a considéré Corneille Nangaa de légende dans le domaine électorale, l’appelant à la réconciliation. «C’est lui qui a organisé la passation pacifique du pouvoir. Pour la première fois, on a vécu l’alternance. C’est historique, ça. On ne peut pas le remplacer par l’argent, par une mime, si je dois le dire», a-t-il précisé.
Interview
Vous dites quoi à Fayulu , à Matata, à Sesanga, à Mukwege, à Katumbi ? Vous leur dites quoi ? Ils vous écoutent.
Ce sont des cerveaux. J’ai toujours cru en leur savoir-faire, à leurs capacités.
Ce ne sont pas les ennemis de la République ?
Je ne pense pas. Tous peuvent apporter quelque chose. Je crois fermement à leur savoir-faire. Katumbi a fait preuve d’un citoyen qui aime son pays. Et Martin Fayulu , on n’en parle même pas. Delly Sesanga, j’ai eu l’occasion d’échanger avec lui. C’est un homme qui est plein d’idées, plein d’initiatives.
Matata Ponyo a apporté quelque chose dans ce pays, nous savons que quand on parle de la bancarisation à un certain niveau, des fonctionnaires et tout ça… ce sont des gens, je dois le dire, qui doivent être consultés à un certain niveau.
Mais vous êtes un homme de paix, là. C’est cette barrière-là. Vous êtes un homme de paix.
Mais je pense, je pense qu’on peut toujours aider les gens à converger leurs idées, pour pouvoir reconstruire ensemble. Je crois que c’est possible que ceux qui tiennent les armes trouvent les bonnes raisons de les abandonner. J’ai dit bien les bonnes raisons de les laisser.
Il ne faudrait pas les intimider et suivre une voie qui crée d’obstacles. En fait, ici, je dis, lorsqu’on établit des responsabilités. Et là, je propose une justice transitionnelle.
Le porte-parole de l’armée a dit un jour, ceux qui sont avec le Président, dans son entourage, la nuit, ils encouragent les Mobondo. Vous avez stigmatisé ici le tribalisme. Vous avez stigmatisé ici l’utilisation de nos populations. Mobondo, ce sont les populations.
Je ne pouvais pas imaginer qu’on pouvait s’entretuer de cette manière. Et ça, c’est hypothéquer l’avenir d’un peuple. Et ici, à Kinshasa, les gens ne le savent pas, la majorité de la population de Kinshasa est constituée de Teke et de Yaka.
Autochtones ? Oui, oui. Et lorsqu’il faudrait établir un tel conflit dans la ville-province de Kinshasa, chose qu’on n’a jamais vécue avant, c’est-à-dire, la vie deviendra intenable. Je demande à tous les politiques qui sont derrière ces choses de penser à l’avenir, même de leurs descendants.
Il faudrait à un certain moment qu’on puisse agir en humain. Et c’est possible que ces gens abandonnent cette démarche si on peut leur proposer mieux. Nous avons tous le devoir de reconstruire le pays.
Même pour des raisons politiques et électoralistes ?
Tous ces politiques, comme a dit Chancel Bemba, la justice de Dieu, il y en a. Donc quelque part, il faudrait que les gens pensent à l’avenir. Ce n’est jamais anodin, cette démarche de tuer ses frères. Et la justice transitionnelle peut passer aussi par là. Absolument.
Dans la justice transitionnelle que nous proposons, c’est-à-dire avec la commission «Vérité et réconciliation», nous parlons de la vérité pour établir des responsabilités.
Je vais vous dire une vérité qui risque de vous choquer. Moi, une personne comme Corneille Nangaa, moi, il m’a fait rêver. Un monsieur très intelligent. Dans notre pays, nous avons utilisé la machine à voter grâce à Corneille Nangaa.
Les gens ont tendance à oublier. Il reste tout de même une légende dans ce domaine. C’est lui qui a organisé la passation pacifique du pouvoir. Pour la première fois, on a vécu l’alternance. C’est historique, ça.
On ne peut pas le remplacer par l’argent, par une mime, si je dois le dire. Alors, je pense qu’il peut y avoir des raisons que lui-même détient, qui l’ont poussé à cet extrémisme ou extrémité. Mais il y a toujours lieu, il y a toujours une possibilité de lui dire tu as ta place au milieu de la société civile.
Tu as ta place dans les cœurs de gens qui gardent de bons souvenirs pour toi. Il peut arrêter à un niveau. Moi, je pense que tout le monde peut construire, que tout le monde peut réconcilier.
On vous trouve assez sage. C’est le côté un peu philosophe que vous avez développé dans votre dernier diplôme. Si vous allez rencontrer le président, parce que vous avez parfois la chance de le voir, là, dans les prochains jours, vous allez dire quoi ?
Il y a lieu de croire en l’avenir de ce pays et de donner la chance à tout le monde.
La chance à tout le monde ?
Tout le monde peut construire avec lui. Voilà.
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