L’opposant congolais Martin Fayulu Madidi réaffirme son soutien à un dialogue national inclusif pour sortir la République démocratique du Congo de la crise actuelle. Invité du LiveSpaceX du journaliste Stanis Bujakera dimanche 26 juillet 2026, il exclut toute remise en cause de l’intégrité territoriale et de la Constitution, tout en estimant que l’ensemble des protagonistes, y compris l’AFC/M23 et d’autres groupes armés, doivent être associés aux discussions.
Martin Fayulu précise sa vision du processus. Face au au confrère Stanis Bujakera, le président de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement -ECiDé- a fixé ce qu’il considère comme les principes incontournables d’une concertation capable de conduire le pays vers une paix durable.
«Non à la balkanisation de la RDC, non au changement de la Constitution et oui à un dialogue national inclusif», a déclaré l’opposant.
Pour Martin Fayulu, un dialogue ne saurait atteindre son objectif s’il exclut certains acteurs directement impliqués dans la crise sécuritaire qui secoue l’Est du pays.
«Pourquoi le M23 ne serait-il pas là? Pourquoi Thomas Lubanga et les autres groupes ne seraient-ils pas là? Pourquoi?», a-t-il lancé, plaidant pour que toutes les parties concernées soient conviées autour de la table des négociations.
Cette position traduit sa conviction qu’aucune solution durable ne pourra être trouvée sans la participation de l’ensemble des protagonistes du conflit, y compris l’Alliance Fleuve Congo -AFC/M23-, malgré les profondes controverses que suscite cette perspective.
Deux lignes rouges jugées non négociables
Si Martin Fayulu se montre favorable à un dialogue sans exclusion, il prévient néanmoins que certaines questions ne doivent faire l’objet d’aucune négociation. Il rejette catégoriquement toute initiative susceptible de conduire à une balkanisation du pays ou à une révision de la Constitution. Selon lui, ces deux principes constituent le socle de l’unité nationale et de la stabilité institutionnelle.
Les appels au dialogue
Les déclarations de Fayulu interviennent alors que les appels à un dialogue national se multiplient.
Depuis plusieurs semaines, la Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO- et l’Église du Christ au Congo -ECC- poursuivent leur initiative de Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble, à travers une série de consultations avec les principales forces politiques, sociales et religieuses du pays ainsi que plusieurs partenaires internationaux.
Dans la foulée de ces consultations, le président Félix Tshisekedi s’est déclaré favorable à un dialogue inclusif après son échange avec les responsables des deux confessions religieuses. Le Chef de l’État a toutefois réaffirmé que ce processus devait impérativement respecter la Constitution, préserver la souveraineté nationale et ne remettre en cause ni les institutions de la République ni l’intégrité territoriale du pays.
Parallèlement, le processus de paix soutenu par les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine se poursuit afin d’obtenir une désescalade des tensions entre la RDC, le Rwanda et les groupes armés opérant dans l’est du pays, notamment l’AFC/M23.
Dans ce contexte, la participation éventuelle de ce mouvement armé à un dialogue national demeure l’une des questions les plus sensibles du débat politique actuellement.
En se prononçant clairement en faveur de son inclusion, Martin Fayulu apporte une nouvelle dimension aux discussions sur le format et les contours du futur dialogue, présenté par plusieurs acteurs comme une étape décisive pour restaurer la paix, renforcer la cohésion nationale et consolider la stabilité politique du pays.
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