La MONUSCO a procédé vendredi 4 avril 2025 à la remise officielle d’un centre de formation en métiers à Komanda, dans le territoire d’Irumu, situé à 75 kilomètres de Bunia, en province de l’Ituri.
Construit par la MONUSCO, ce centre vise à offrir une alternative durable à la violence et à la précarité en formant des jeunes à risque et des femmes vulnérables aux métiers de menuiserie, de pâtisserie et de coupe et couture.
Construit dans le cadre d’un projet de Réduction de la Violence Communautaire -CVR-, ce centre, réalisé en partenariat avec le Programme de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion communautaire et Stabilisation -PDDRCS-, a été financé à hauteur de 98 000 dollars américains par la MONUSCO à travers sa section de Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Stabilisation -DDR-S-.
Le projet a été exécuté par l’ONG locale Le Bon Samaritain. Ce centre comprend trois salles de formation, un dépôt, un bureau administratif, et est équipé de tout le matériel nécessaire à l’apprentissage, entre autres 24 machines à coudre, un four de pâtisserie, des scies électriques et un groupe électrogène.
Au total, cent bénéficiaires directs, dont soixante (60) jeunes à risque et quarante (40) femmes vulnérables ont non seulement été formés pendant trois mois à ces différents métiers, mais également été activement impliqués dans la mise en œuvre de ce projet.
Des parcours de vie transformés grâce aux formations
Sylvie, bénéficiaire formée en pâtisserie, raconte son parcours : « Avant d’intégrer ce centre, je vivais dans des conditions très difficiles et je n’avais jamais eu l’occasion d’étudier. Aujourd’hui, grâce à la formation en pâtisserie que j’ai suivie, je sais préparer du pain, des beignets… J’ai acquis des compétences qui vont me permettre d’améliorer ma vie et de mieux prendre soin de mes enfants».
Autre témoignage marquant, celui de Mwikima, ancien enfant soldat, recruté très jeune dans un groupe armé actif dans la région. Il a pu retrouver une vie stable après sa démobilisation grâce à une formation en menuiserie.
«Après ma démobilisation, j’ai suivi une formation en menuiserie, un métier que j’ai appris avec sérieux. Aujourd’hui, je suis devenu formateur au sein du centre, et j’enseigne ce même métier à d’autres jeunes. Grâce à cette formation, ces jeunes acquièrent non seulement un métier, mais aussi une nouvelle vision de la vie. Ils peuvent désormais rêver d’un avenir meilleur, se prendre en charge, subvenir à leurs besoins, et s’éloigner des mauvais choix. Je suis fier de pouvoir aider à mon tour ces jeunes à sortir de la violence», a-t-il raconté.
Un projet collectif pour bâtir la paix
Présent à la cérémonie, le Chef de Bureau de la MONUSCO à Bunia, Josiah Obat, a souligné la portée sociale et communautaire de ce projet.
«En construisant ce centre de formation, la MONUSCO a voulu offrir aux jeunes et aux femmes vulnérables une opportunité de se reconstruire. Grâce à ces formations, ils peuvent désormais envisager un avenir digne, développer des compétences utiles et contribuer au relèvement de leur communauté. Nous espérons que ce lieu restera un espace d’espoir et de transformation pour toute la localité et bien au-delà», dit-il.
Le colonel Siro Nsimba, administrateur du territoire d’Irumu, a salué l’engagement de la MONUSCO et insisté sur la responsabilité collective : « Nous remercions la MONUSCO pour cet accompagnement réaliste et en faveur la paix. Ce projet est une réponse concrète aux besoins de notre jeunesse. Nous appelons toute la communauté à s’approprier ce projet et à protéger cet ouvrage qui servira non seulement aux bénéficiaires actuels, mais aussi aux générations futures».
En apportant des compétences concrètes à 100 jeunes à risque et femmes vulnérables, le centre de formation de Komanda représente bien plus qu’un simple projet dans ce coin de la République démocratique du Congo.
C’est un levier de transformation individuelle et collective. Il s’inscrit pleinement dans la dynamique de relèvement communautaire et de consolidation de la paix en Ituri. À travers cette initiative, la MONUSCO, offre aux communautés locales des solutions durables et pacifiques face aux défis de sécurité, de réintégration et de développement.
Thierry Bahati Rafiki depuis la province de l’Ituri
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