Commémorée chaque 16 octobre, la Journée mondiale de l’Anesthésie et Réanimation a été célébrée ce jeudi 16 octobre 2025 à Goma et à Butembo, dans la province du Nord-Kivu. Alors qu’à Goma la journée s’est déroulée dans la méditation, les anesthésistes de Butembo ont choisi d’organiser des échanges publics autour du thème : « L’anesthésie dans les situations d’urgence sanitaire » et du sous-thème : « Défi de l’anesthésie et de la réanimation dans la couverture santé universelle ». Ces moments de partage ont permis de réfléchir sur le rôle essentiel de l’anesthésiste dans la prise en charge médicale, surtout en contexte de crise.
À cette occasion, le docteur Jean-Pierre Kigayi, chef du département d’Anesthésiologie de l’hôpital HEAL AFRICA à Goma et initiateur de cette journée en RDC, a salué le dévouement de ses collègues. Il les a encouragés à rester engagés malgré les difficultés : « Merci pour vos sacrifices et pour le travail que vous accomplissez chaque jour, souvent dans des conditions extrêmes. Tenez bon, car sauver des vies est un appel noble et exigeant. » Son message a résonné comme une reconnaissance et un appel à la persévérance pour tous les praticiens du domaine.
À Butembo, le docteur Blaise Pascal et le technicien anesthésiste Kalondero ont tenu des discours similaires, rappelant que l’anesthésiste est le garant de la sécurité et du confort du patient, autant au bloc opératoire qu’en dehors. « Votre vigilance et votre engagement sont la colonne vertébrale de nombreux services hospitaliers », a insisté Kalondero, invitant les étudiants en anesthésie à poursuivre cette voie d’excellence et de service.
Cette journée a également été marquée par le témoignage poignant de Madame Masika Kaniki Juslaine, technicienne anesthésiste à HEAL AFRICA, qui a relaté son expérience lors des affrontements pour le contrôle de Goma en janvier 2025. En pleine guerre, elle raconte avoir travaillé jour et nuit avec une petite équipe, parfois sans repos, pour opérer des blessés graves : « Nous étions épuisés, mais chaque vie sauvée nous redonnait du courage. » Enceinte à cette période, elle a tenu bon jusqu’à la fin des combats, reconnaissante d’avoir survécu et d’avoir pu aider tant de patients.
Aujourd’hui, dix mois après ces événements, Mme Masika continue de servir avec passion. Pour elle, son témoignage est un plaidoyer pour de meilleures conditions de travail, mais aussi un hommage à tous les anesthésistes qui sauvent des vies dans des contextes souvent précaires.
Depuis la première anesthésie pratiquée par le Dr William Morton le 16 octobre 1846, cette profession demeure l’un des piliers invisibles de la médecine moderne, garantissant chaque jour le droit fondamental des patients à être soignés sans douleur et en toute sécurité.
Anicet Cito
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