18/08/2026

Le Regard

De l’information fouillée et vérifiée

Kinshasa: des familles victimes d’attaques nocturnes interpellent l’État sur l’urgence de la sécurité publique

La sécurité des citoyens demeure l’une des principales préoccupations dans plusieurs quartiers de Kinshasa. De nombreuses familles continuent de vivre dans la peur des attaques nocturnes, des agressions armées et des violences qui fragilisent le sentiment de protection que l’État est censé garantir.

À travers deux situations vécues par des familles proches, une même question se pose : comment renforcer la protection des citoyens face à la persistance des violences urbaines ?

En août 2023, dans le quartier Kimbangu, dans la commune de Kalamu, sur l’avenue Bondo, j’ai été témoin des conséquences d’une attaque nocturne qui a profondément marqué les habitants. Les faits se seraient produits vers 3 heures du matin. Selon les témoignages recueillis auprès des riverains, des individus armés auraient attaqué plusieurs personnes dans le quartier.

Des femmes auraient été dépouillées de leurs biens, tandis que des personnes âgées auraient été agressées ou profondément traumatisées. Parmi elles, certaines souffraient de maladies chroniques, notamment du diabète. La peur et la douleur provoquées par cette attaque s’étaient propagées dans toute l’avenue, où les cris des victimes avaient alerté les habitants.

En avril 2025, dans la commune de Selembao, une autre famille proche a vécu une situation dramatique. Selon les membres de cette famille, des individus portant des uniformes ressemblant à ceux des forces de sécurité auraient fait irruption à leur domicile au cours de la nuit, vers 2 heures du matin.

Au cours de cette attaque, le père aurait été atteint d’une balle à la jambe. Son fils aurait également été blessé par balle, à la jambe et au thorax. Les deux victimes, qui ont échappé de peu à la mort, ont été prises en charge aux Cliniques universitaires de Kinshasa.

Ces deux situations, parmi tant d’autres rapportées dans la capitale, soulèvent une question essentielle : au-delà du phénomène du banditisme urbain, quelles réponses l’État apporte-t-il pour assurer efficacement la protection des citoyens ?

Lorsque des individus utilisent des armes ou portent des uniformes ou des signes distinctifs ressemblant à ceux des forces de sécurité, une enquête approfondie s’impose. Il est essentiel d’établir l’identité des auteurs, l’origine des armes utilisées et de déterminer s’il s’agit de véritables agents de l’État, de personnes usurpant des uniformes ou de réseaux criminels organisés.

Exigence d’établir la vérité

Il ne s’agit pas d’accuser une institution sans preuve, mais d’exiger que la vérité soit établie au moyen d’enquêtes crédibles, indépendantes et transparentes.

La responsabilité de l’État ne se limite pas à condamner les violences après leur commission. Elle implique également la prévention, la protection des citoyens, l’identification des auteurs et la lutte contre toute forme d’impunité.

Les victimes et leurs familles ont besoin de justice. Les habitants des quartiers de Kinshasa ont besoin de retrouver confiance dans les institutions chargées de garantir leur sécurité.

Car une société ne peut durablement vivre dans la peur. La première mission de l’État est de protéger la vie humaine et de garantir à chaque citoyen le droit fondamental de vivre en sécurité.

Parousia Makanzu