01/10/2022

Le Regard

De l’information fouillée et vérifiée

Kinshasa : enlevée et torturée en 2018, la journaliste Myrthe Ekuba reste portée disparue

C’est depuis 2018, année électorale en République démocratique du Congo, que Myrthe Ekuba, journaliste à Numerica Tv, chaîne de télévision émettant à Kinshasa, a été enlevée. A en croire un communiqué de l’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique -OLPA-, une organisation indépendante de défense et de promotion de la liberté de presse, la journaliste Ekuba a été plus d’une fois victime des intimidations, des menaces et séquestration pour avoir fait des analyses sur la candidature à la présidentielle de 2018 de M. Emmanuel Shadary, dauphin du président honoraire Joseph Kabila.

Selon la même source, le 16 septembre 2018, Myrthe Ekuba a déclaré sur les ondes de Numerica Tv que la désignation de M. Shadary comme candidat du Front Commun pour le Congo -FCC- à la présidentielle, à la dernière minute, relève d’une forte pression subie à l’interne comme à l’externe, par le Président honoraire, Joseph Kabila. «En réalité, Emmanuel Shadary n’est qu’un simple arbre qui semble cacher la forêt. Joseph Kabila se cache malignement, derrière la candidature de M. Shadary».

Déjà le matin du vendredi 14 Septembre 20218, explique OLPA, pendant qu’elle présentait une émission d’antenne libre, Myrthe Ekuba a refoulé plusieurs appels masqués suspects.

Après son journal télévisé du dimanche soir du 16 septembre, se dirigeant vers son arrêt de bus vers 22 heures, elle a été surprise de voir un homme qui conduisait une voiture l’appeler par son nom. « Félicitations Mme Myrthe Ekuba pour votre émission. J’ai suivi l’entièreté du journal télévisé et j’ai aimé vos analyses. Je peux vous aider à vous déposer vers votre destination. Heureusement, c’est là que je vais aussi (…) », nous a renseigné ce document signé OLPA du 21 septembre 2018.

A bord du véhicule, «la journaliste a trouvé deux autres passagers dans la voiture. Chemin faisant, le conducteur à embarqué un quatrième passager. C’est alors que ce dernier a commencé à proférer des menaces à Myrthe Ekuba en l’accusant d’être proche du candidat de l’opposition M. Martin Fayulu et de multiplier des analyses à la télévision en défaveur de M. Emmanuel Shadary et de la machine à voter.

Copieusement tabassée et torturée, la journaliste a été conduite dans la commune de Mont Ngafula, près du cimetière dénommé « Chemin du paradis ». Bandée les yeux, elle a été introduite dans une maison où elle a été gardée pendant 48 heures dans des conditions inhumaines.

Pour ce, OLPA continue de condamner fermement l’enlèvement et la torture dont a été victime la journaliste, contrainte par ses bourreaux de ne plus retourner au pays à cause de ses analyses objectives sur un candidat à l’élection présidentielle.

Par ailleurs, OLPA exhorte les autorités congolaises à faire tout le nécessaire pour identifier les responsables de l’enlèvement de la journaliste et de prendre au sérieux les menaces contre cette dernière.

L’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA), organisation indépendante de défense et de promotion de la liberté de presse, s’insurge contre le regain d’attaques à l’égard des journalistes dans l’exercice de leur profession par des agents de service des renseignements congolais à l’approche de l’organisation des élections législatives et présidentielles.

Le Regard