Rassemblés en nombre à l’esplanade de la Poste, au cœur de Kisangani, les tenanciers de shops de mobile money, communément appelés « M-Pesa », ont voulu faire entendre leur colère face à une vague d’insécurité qui n’épargne plus personne dans le chef-lieu de la Tshopo.
Ce mouvement de protestation survient dans un climat de grande tension, quelques jours seulement après le meurtre de Ben Ezulua. Selon plusieurs témoins, il aurait été froidement abattu par des hommes armés non loin des installations de la 31ᵉ région militaire.
«Nous ne sommes plus en sécurité. Chaque jour, un d’entre nous est braqué, agressé, ou pire », confie, sous anonymat, une opératrice présente sur les lieux du rassemblement. « Ben était l’un des nôtres. Si même à deux pas d’une base militaire on peut être tué, où allons-nous encore nous réfugier ?»
Ce n’est pas la première fois que les acteurs du secteur dénoncent l’inaction des autorités face à une criminalité ciblée. Depuis plusieurs mois, les attaques contre les boutiques de transfert d’argent se multiplient à Kisangani, avec un modus operandi souvent similaire : des hommes armés, à moto ou à voiture qui opèrent en plein jour, parfois à visage découvert.
Malgré les alertes répétées, peu d’enquêtes aboutissent. Et les arrestations sont rares, alimentant un sentiment d’abandon chez les opérateurs économiques de la ville. Du côté des autorités, silence radio. Ni la police provinciale, ni le gouvernorat n’avaient réagi au moment de publier cet article.
Justice M. Kangamina
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