Les travaux du dialogue communautaire autour du Parc national de la Maiko se sont ouverts ce matin à Kisangani, rassemblant une cinquantaine de participants venus du territoire de Bafwasende, de Lubutu et des secteurs environnants.
Cette rencontre, prévue jusqu’au 26 novembre, s’inscrit dans le cadre du processus de cogestion mené conjointement par l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) et Fauna & Flora International, avec l’appui du Réseau CREF et de plusieurs partenaires du paysage Maiko.
Elle vise à restaurer un climat de confiance entre les gestionnaires du parc, les communautés riveraines, les peuples autochtones et les autorités locales, dans une région où les tensions autour de l’accès aux ressources naturelles demeurent vives.
Créé en 1970, le Parc national de la Maiko couvre l’une des zones forestières les plus riches en biodiversité du pays. Mais cette richesse écologique se déploie dans un contexte de pressions multiples : croissance démographique, exploitation artisanale, conflits fonciers, pauvreté et faible présence de l’État dans certains secteurs.
À Kisangani, les discussions ont rapidement mis en lumière la nécessité d’un dialogue plus équilibré entre les communautés vivant à proximité du parc et les institutions en charge de le protéger. Plusieurs participants ont rappelé que la conservation durable ne peut se construire sans une compréhension mutuelle des contraintes de chacun.
La journée d’ouverture a permis de revisiter le cadre légal de la conservation en RDC, la stratégie nationale de conservation communautaire, ainsi que les mécanismes de gestion des plaintes dans les aires protégées.
Pour beaucoup, ces éclairages juridiques constituent une base indispensable pour apaiser les frustrations souvent liées aux restrictions d’accès aux ressources et au manque de retombées socio-économiques perceptibles par les populations locales. Les représentants du parc ont également présenté l’état des lieux du PNM et les conclusions récentes du Comité de coordination du site, tenu à Kisangani il y a quelques semaines.
Au-delà des exposés, une large partie des échanges se déroule en groupes thématiques chargés d’analyser les relations actuelles entre le parc et les communautés, d’identifier les défis prioritaires et de proposer des pistes d’amélioration.
Les discussions convergent déjà vers la nécessité d’un partage plus transparent des informations, d’une meilleure reconnaissance des savoirs locaux et d’un engagement plus fort des autorités territoriales dans la résolution des litiges fonciers. Les peuples autochtones, souvent marginalisés dans les processus décisionnels, ont également insisté sur la prise en compte de leurs droits coutumiers et de leur rapport particulier à la forêt.
Ce mercredi 26 décembre, les participants devront s’accorder sur une feuille de route commune censée orienter la gouvernance du parc dans les années à venir.
Ce document définira les responsabilités de chaque catégorie d’acteurs et proposera la mise en place d’un comité de suivi chargé de veiller à la mise en application des engagements pris. Pour les organisateurs, l’enjeu est de faire de cette rencontre un véritable tournant, en alignant les objectifs de conservation avec les aspirations sociales et économiques des communautés environnantes.
Justice M. Kangamina
Plus d'histoires
Décédé le 12 septembre 2025 à Uvira, le Général Daniel Mwaku Mbuluku sera enfin inhumé ce 23 janvier 2026 à Kinshasa
Dialogue inclusif: Dodo Kamba vante les mérites de Fayulu, Nangaa, Mukwege, Matata, Katumbi
Paul Kagame décide de présenter la candidature de Louise Mushikiwabo pour un troisième mandat à la tête de l’OIF